Biennale africaine de danse : un chorégraphe congolais engagé pour structurer le secteur

Kinshasa, 1er mai 2026 (ACP).- La République démocratique du Congo participe à la 16e édition de la Biennale de la danse en Afrique, organisée à Dakar, au Sénégal, à travers le chorégraphe Fabrice Bwabulamutima, avec l’ambition de promouvoir les professionnels et structurer le métier de la danse sur le continent, a appris l’ACP vendredi de l’artiste.

« Je porte fièrement le drapeau de la RDC à cette biennale. La danse est mon langage pour dire au monde que le Congo a du talent, de la créativité et une jeunesse qui crée », a déclaré le chorégraphe et metteur en scène présent à Dakar depuis le 27 avril.

« La danse en Afrique est une activité importante. C’est le plus grand rendez-vous africain des professionnels et des artistes danseurs, ainsi que de tous ceux qui travaillent autour du métier de la danse », a-t-il ajouté.

Organisée à Toubab Dialaw, dans l’enceinte de l’École des Sables, cette édition 2026 se veut un espace de formation, de diffusion et de structuration du secteur chorégraphique africain.
Selon ses explications, cette école est devenue une référence incontournable en Afrique pour la formation des danseurs, qu’ils soient originaires du continent ou venus d’ailleurs.

L’édition en cours revêt également une dimension historique avec un hommage rendu à Germaine Acogny, considérée comme « la mère de la Danse africaine contemporaine ».

« C’est pour honorer Germaine Acogny, considérée comme « la mère de la Danse africaine contemporaine » dans le monde.
Elle est l’une des personnalités les plus connues de la scène africaine, notamment dans le domaine de l’enseignement et du développement de la danse en Afrique. Elle nous a tous formés et a généreusement accueilli le regretté professeur Longa Fo », a-t-il rappelé.

Au total, vingt-cinq compagnies issues de plusieurs pays participent à cette biennale, avec une programmation dense mêlant spectacles, ateliers et échanges professionnels.

« Hier déjà, nous avons vu trois spectacles, et plus de 50 projets ont été présentés. J’ai vu des Américains, des Européens, des Belges, des Congolais, des Gabonais, et même des Russes et des Israéliens », a-t-il témoigné.

Invité en qualité de professionnel, Fabrice Bwabulamutima met également à profit ce cadre pour promouvoir ses initiatives en faveur de la jeunesse congolaise.

« Ma participation vise à parler du projet La danse, qui est notre événement pour ouvrir les horizons à la nouvelle génération de danseurs et de chorégraphes congolais, tout en créant des liens entre eux et le monde », a-t-il expliqué.

Ouverte le 29 avril, la biennale de Dakar se clôturera le 3 mai, après plusieurs jours d’échanges et de partages d’expériences entre professionnels du secteur.

« Il y a beaucoup d’échanges entre professionnels ici, avec des moments pratiques, des ateliers. D’ici là, nous retournerons à Kinshasa pour participer également au festival qui aura lieu cette année, car c’est une biennale », a-t-il conclu.

Comédien, metteur en scène et chorégraphe, Fabrice Don de Dieu Bwabulamutima s’est distingué en octobre 2020 en remportant le HAPA Awards dans la catégorie artiste humanitaire, pour avoir utilisé la danse contemporaine comme outil de résilience et de cohabitation pacifique entre les réfugiés de la République centrafricaine et les communautés locales dans les provinces du Nord et du Sud-Ubangi.

Il est également initiateur de l’association culturelle Kongo Drama, créée en 2008 à Kinshasa, qui utilise l’art scénique comme levier d’éducation, de sensibilisation, de divertissement et de dialogue pour le développement.

Dans la même dynamique, il a lancé en 2023 les festivals Tombola Danse et Imb’Africa, dédiés à la promotion des artistes et à la valorisation de la diversité culturelle ainsi qu’à la revitalisation de l’écosystème artistique local.
ACP/C.L.

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