Kinshasa, 19 mai 2026 (ACP).- L’audiovisuel est appelé à jouer pleinement son rôle dans la transmission, la préservation et la valorisation du patrimoine culturel indiqué mardi un écrivain brazzavillois joint par l’ACP depuis Kinshasa en République démocratique du Congo.
« Aujourd’hui, le monde se regarde, s’écoute et se comprend à travers l’image et le son. L’audiovisuel a donc une mission stratégique, informer, transmettre, conserver la mémoire et rendre accessibles les créations culturelles au plus grand nombre », a déclaré Mwèné Eddy Ngombé, président de Culture Congo Avenir. Selon lui, l’audiovisuel permet de donner une visibilité aux peuples à travers leurs expressions culturelles, leurs voix, leurs créations et leurs patrimoines. « Il donne un visage à nos peuples. Il fixe les voix, les gestes, les musiques et les émotions d’une époque », a-t-il expliqué. L’auteur a estimé que la télévision nationale devrait constituer une véritable vitrine culturelle à travers des espaces consacrés à la promotion des artistes, à la transmission des savoirs et à la diffusion du patrimoine national. Il a cependant déploré la faible présence des programmes culturels et musicaux dans les médias audiovisuels.
« Où sont les grandes émissions musicales ? Où sont les programmes de découverte des artistes ? Où sont les magazines consacrés à notre patrimoine, à nos orchestres, à nos auteurs, à nos danses et à notre histoire culturelle ? », s’est-il interrogé. Mwèné Eddy Ngombé a néanmoins salué « le travail accompli par la radio nationale dans la promotion de la musique congolaise malgré les difficultés rencontrées ». Il a rendu hommage à plusieurs figures médiatiques ayant participé à maintenir un lien entre les artistes et le public, notamment Jean Richard Mouyeni, Albin Lebanda, Claude Alain Yakité et Justin Parfait Nzaou. L’auteur a également évoqué plusieurs figures actuelles poursuivant cette mission culturelle, parmi lesquelles Valda St Val et Castador Nzanga Bazo. Revenant sur l’histoire de la radio musicale congolaise, il a rappelé le rôle joué par Claude Bivoua, créateur en 1965 de l’émission « Le C.O.CO. » (Club des Orchestres Congolais), présentée comme une référence dans l’histoire radiophonique musicale du pays.
Selon lui, cette émission avait permis à plusieurs générations de découvrir et de suivre l’évolution des orchestres et artistes congolais. Mwèné Eddy Ngombé a également insisté sur la dimension économique liée à la diffusion des œuvres culturelles. « Une musique peu diffusée est une musique qui génère peu de revenus pour ses auteurs, compositeurs, éditeurs, interprètes et producteurs », a-t-il souligné. Pour lui, le défi consiste désormais à bâtir une politique culturelle moderne capable de relier création artistique, industrie audiovisuelle, formation, diffusion et protection effective des droits d’auteur. « La culture et l’audiovisuel doivent être considérés comme des outils stratégiques de souveraineté, d’éducation, d’économie et de rayonnement international », a conclu Mwèné Eddy Ngombé. ACP/KK

