Kinshasa, 8 juin 2026 (ACP). – Les risques liés au défrisage des cheveux et la valorisation de la beauté naturelle africaine, ont été mis en avant par une réalisatrice du cinéma de la République démocratique du Congo(RDC), dans un court métrage visionné lundi à l’ACP.
« Le défrisage, que l’on fait souvent sans mesurer les conséquences, a beaucoup d’impacts sur la santé, pas seulement sur les cheveux mais aussi sur le corps. Le combat que j’ai toujours mené en tant qu’artiste dessinatrice et, dans mes dessins, c’est explorer les cheveux crépus comme une richesse africaine », a déclaré Raphaella Anakasala, réalisatrice du court métrage. « Cette œuvre est inspirée de mon engagement artistique en faveur des cheveux crépus », a-t-elle indiqué.
Selon elle, cette réflexion l’a conduite à transposer au cinéma une thématique qu’elle développe depuis plusieurs années à travers ses créations artistiques. « Je me suis souvenue de ce côté-là et je l’ai ramené dans le cinéma. J’ai exploité le thème des cheveux dans mon court métrage », a-t-elle précisé.
A travers cette œuvre, l’auteure de cette œuvre cinématographique a voulu attirer l’attention sur les conséquences que peuvent entraîner certaines pratiques capillaires, notamment le recours au défrisage. « Je voulais faire comprendre que le défrisage, chose qu’on fait souvent sans se rendre compte des conséquences », a-t-elle affirmé. L’artiste a indiqué que plusieurs études évoquent des liens entre l’utilisation fréquente de produits défrisants et certaines pathologies touchant les femmes.
« Beaucoup d’études montrent que certaines femmes souffrent de problèmes de santé liés au défrisage. J’ai voulu aborder cette question pour susciter une prise de conscience », a-t-elle soutenu. Pour la réalisatrice, le choix de conserver les cheveux naturels peut également être perçu comme une forme d’affirmation identitaire dans un contexte où le défrisage est souvent associé aux standards de beauté dominants.
« J’ai voulu parler de cela comme une révolution parce que, dans un monde où le défrisage est considéré comme étant la mode, ne pas se défriser les cheveux est un acte révolutionnaire », a-t-elle conclu. Née en 2004 à Kinshasa, Raphaella Anakasala est une artiste visuelle et réalisatrice congolaise diplômée de l’Académie des Beaux-Arts. Son travail met, notamment en avant la valorisation des cheveux naturels et l’identité africaine à travers différentes formes d’expression artistique. ACP/

