Commémoration de D’Oliveira, précurseur de la rumba dans l’héritage du Royaume du Kongo

Kinshasa, 13 janvier 2026 (ACP).- Le 38ᵉ anniversaire de la disparition de Manuel D’Oliveira, figure emblématique de la musique africaine et précurseur de la rumba liée aux racines culturelles du Royaume du Kongo, a été commémoré mardi à Luanda en Angola, a appris l’ACP d’une des medias angolais captés mercredi à Kinshasa capitale de la République démocratique du Congo.

« Manuel D’Oliveira a marqué de son empreinte l’histoire musicale en affirmant une rumba authentiquement africaine, fondée sur des codes linguistiques et culturels du peuple Kongo », a-t-on suivi sur les antennes de de la Rádio Nacional de Angola qui a précisé que  le mot « nkumba », signifiant « nombril » en kikongo, révèle les origines de cette musique née en Afrique avant d’être emportée en Amérique latine via la traite négrière, puis réintroduite sur le continent sous diverses formes.

Intervenant dans cette radio, le sociologue Zolana Avelino a, pour sa part, souligné le rôle joué par D’Oliveira durant son exil à Matadi, en République démocratique du Congo, où il a fondé les groupes « São Salvador » et « Acólitos », chantant essentiellement en kikongo. Ces choix artistiques visaient à ré ancrer la rumba dans son identité kongo originelle, rendant hommage à Mbanza Kongo, l’ancienne capitale du Royaume du Kongo.

Manuel D’Oliveira

Parmi ses compositions, la chanson « Umbanzanga » reste emblématique. Elle a été reprise avec succès par le musicien angolais Júlio Gil, perpétuant l’influence de D’Oliveira au sein des nouvelles générations.

Cette commémoration est l’occasion de raviver les débats autour de la valorisation et de la réappropriation culturelle de la rumba, classée en 2021 au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Elle rappelle l’importance de préserver les racines identitaires de cette musique, au-delà de ses évolutions modernes.

Manuel Mayungu d’Oliveira est né en 1915 à San Salvador de Banza Kongo (Angola). Menuisier de profession, il découvre la guitare à 22 ans alors qu’il se trouvait à Matadi à la recherche d’un travail. C’est auprès d’un maître belge, puis des guitaristes coast-men  (matelots ouest-africains) qu’il acquiert un solide bagage théorique et technique grâce auquel il développe son doigté guitaristique, avant de créer en 1944 à Matadi, le célèbre groupe « San Salvador » conjointement avec Freitas et Jorge Eduardo, tous originaires de Mbanza Kôngo (Angola).

Utilisant exclusivement des guitares sèches, le groupe San Salvador en devient vite le spécialiste de la danse « Polka Pike » aux Editions Ngoma de l’éditeur grec Nico Jéronimidis, d’où sortiront dans les années 50 plusieurs chansons dans le registre propre au paysage de son Banza Kongo natal comme : « Mwasi kitoko akolala na Nkwala » – « Maria Tchebo » – Basi banso tapale » – « Mama aboti biso ».

Aux éditions Ngoma D’Oliveira se joindra aussi à Bukasa et Wendo, pour enregistrer sous l’appellation du Trio BOW (Bukasa, d’Oliveira, Wendo) et de signer des titres mémorables comme : « Bibi wangu Madeleine », «  Victoria apiki drapeau », « Sango ya bana Ngoma ».

ACP/C.L.

Fil d'actualités

Sur le même sujet