Kinshasa, 28 février 2026 (ACP).- Le musicien Boncana Maïga, du Mali, qui a également collaboré avec les professionnels de la musique de la République démocratique du Congo (RDC) dans le cadre du projet musical panafricain Africando , est décédé samedi à Bamako, des suites d’une maladie, selon un communiqué parvenu jeudi à l’ACP.
« C’est avec une profonde tristesse et une immense douleur que le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Monsieur Mamou Daffé, a appris le décès du maestro Boncana Maïga, ce samedi 28 février 2026.
Boncana Maïga, de son vrai nom Boncana Issa Tandagari Maïga, est un célèbre maestro malien et une figure emblématique de la musique africaine. Musicien, compositeur, arrangeur et directeur artistique, son parcours est marqué par une passion pour le métissage des genres, notamment entre la musique cubaine et africaine », a-t-on lu dans ce communiqué du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme malien.
« Né à Gao, au Mali, au début des années 1940, il a grandi au Niger, façonnant son identité musicale à travers diverses influences et expériences. Ayant commencé ses études de musique à Cuba en 1963, il est devenu une figure octogénaire de la musique africaine. Il est connu pour avoir dirigé l’orchestre de la RTI à Abidjan et fondé Las Maravillas de Mali », a ajouté la source.
Évoquant son impact musical considérable en Afrique et dans le monde, la même note a indiqué : « En 1992, Boncana Maïga franchit une nouvelle étape en collaborant avec le producteur sénégalais Ibrahim Sylla pour fonder le groupe Africando. Ce collectif panafricain réunit des musiciens d’Afrique de l’Ouest, unis par leur amour pour les musiques afro-cubaines. Boncana Maïga laisse un héritage musical considérable. Son travail avec Las Maravillas de Mali et Africando a contribué à populariser la musique afro-cubaine en Afrique et dans le monde. Il a inspiré de nombreux musiciens et continue d’influencer la scène musicale africaine contemporaine ».
Et de poursuivre : « En 2020, la production de son nouvel album Africa Mia et le documentaire du même nom racontent l’aventure artistique de Boncana Maïga et de ses amis, de Las Maravillas de Mali, l’orchestre de musique afro-cubaine qu’ils ont formé à La Havane en 1966. Avec sa disparition en ce jour, le Mali perd un monument de la musique africaine (…) ».
Maestro Maïga, la RDC et le projet Africando
Par ailleurs, le guitariste congolais Gabriel Wadigesila , a rendu un hommage particulier à ce claviériste virtuose, compositeur et arrangeur octogénaire, qui s’est imposé comme l’un des architectes du son moderne d’Afrique de l’Ouest.
« Triste nouvelle pour la culture mondiale et moment de profonde émotion personnelle. Le grand maestro Boncana Maïga nous a quittés. J’ai eu l’immense honneur d’apprendre à ses côtés, une expérience gravée à jamais dans ma mémoire », a- t-il dit, avant d’évoquer les souvenirs du musicien Boncana Maïga lors de son passage dans la capitale congolaise.
« À Kinshasa, avec Pierrette Adams, il avait initié le projet Africando, qui visait à créer une fusion musicale entre la musique traditionnelle africaine et les rythmes afro-cubains. L’objectif était de mettre en valeur la richesse musicale de l’Afrique de l’Ouest et de la diaspora africaine, en particulier la musique mandingue et la rumba congolaise », a- t-il souligné.
Africando a réuni des musiciens de différents pays d’Afrique, dont le Mali, le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire et la RDC, pour créer une musique qui reflète l’héritage culturel commun de l’Afrique et des Amériques. Le groupe a sorti plusieurs albums, dont « Africando » (1993), « Ketukuba » (2006) et « Viva Africando » (2013), qui ont été acclamés par le public, rapporte-t-on.
De son vivant, Boncana Maïga a également collaboré avec le musicien congolais Ray Lema et a interprété un morceau de la défunte chanteuse Tshala Muana, notamment la flûte sur la chanson « Zaïre » (version originale). ACP /UKB

