Décryptage du fondement de la démarche de Koffi Olomide dans la musique congolaise

Kinshasa, 20 mai 2026 (ACP) – Le fondement des bases artistiques dans la démarche du chanteur de la République démocratique du Congo, Antoine Agbepa Mumba, connu sous le surnom de Koffi Olomide, a été décrypté mercredi, par l’analyste musical Yves Kambala, auteur de l’ouvrage « Vibration d’un parcours : musique, culture et engagement”, au ours d’un entretien avec l’ACP.

« Depuis 1970, Koffi Olomide a arpenté le temps sans jamais céder au poids des années. Avec Papa Wemba, il a écrit les premières strophes d’une révolution musicale. Avec +Synza, Oiseau Bleu+, puis le Quartier Latin. Il a sculpté des mélodies qui ont dansé dans les veines, avant même d’atteindre les oreilles », a déclaré Yves Kambala.

Selon cet analyste, Koffi Olomide n’est pas seulement un chanteur qui chante, mais plutôt, « un philosophe qui a composé; un prêtre laïc qui a célébré la vie en lingala, en wolof, en français, en émotions pures », a expliqué M. Kambala qui estime que, c’est dans l’usage de sa voix que les fondements artistiques de celui qu’on appelle  » Grand Mopao  » ont pris corps.

Il a parlé d’une voix « rocailleuse et tendre à la fois, une terre nourricière », qui a porté « +la prière d’Apostolo ya Bolingo+, l’interrogation existentielle de +Chemin de la Vie+, la sérénité face à l’au-delà dans +Dieu voit tout+, et l’appel à l’action dans +Bilan+ ».

Sur l’ouverture internationale, l’analyste a souligné que Koffi Olomide a prolongé ces fondements par la fusion.

« Quand il a franchi les frontières, ce n’a jamais été pour s’adapter, c’était pour fusionner. Avec +Africando+, il a réinventé +Je t’aime, moi non plus+ comme un dialogue entre continents. À Dakar, il est allé chercher Youssou Ndour pour tisser le wolof au lingala, non comme un mélange, mais comme une alchimie », a-t-il expliqué.

Il a également cité le classique “Kiki Ewing”, où l’artiste a réuni Carlyto, Debaba et Defao « non pas en chef d’orchestre mais, en chef de famille musicale ». Yves Kambala a qualifié Koffi Olomide d’« orfèvre des mots, guitariste accompli, architecte du rythme », revenant sur la joute avec Emeneya sur “Lady Bo”, présentée comme « une bataille de chant gagnée par l’art ».

À propos du “Tshatsho”, style greffé à la rumba, l’expert a parlé d’« une révolution en trois temps. Il n’a pas dansé sur la musique, il l’a fait pulser dans le corps de chacun ».

Auteur-compositeur-interprète et producteur, Antoine Christophe Agbepa Mumba a encadré et promu au sein de son Quartier Latin International, plusieurs figures de la musique congolaise, dont Fally Ipupa, Ferre Gola, Soleil Wanga, Mirage Super Sonic et Sam Tshintu. Il s’apprête à célébrer son 70ᵉ anniversaire lors d’un concert prévu le 12 juillet 2026, au stade Roi Baudouin de Bruxelles.

ACP/C.L.

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