Natou Pedro Sakombi Ph. tiers
Kinshasa, 14 avril 2026 (ACP).- Congo Square, espace historique situé à New Orleans aux États-Unis, a été déclaré par une historienne des origines congolaises, lors d’un forum suivi par l’ACP depuis Kinshasa en République démocratique du Congo, comme l’un des symboles les plus marquants de la continuité des cultures africaines dans les Amériques.
« Congo Square demeure l’un des symboles les plus puissants de la continuité des cultures africaines dans les Amériques, où la mémoire, la spiritualité et les rythmes de l’Afrique ont continué de battre malgré l’esclavage », a déclaré Natou Pedro Sakombi, historienne de nationalité belge, aux origines nigérianes et congolaises.
Selon elle, dès le XVIIIᵉ siècle, cet espace est devenu l’un des rares lieux en Amérique où les Africains réduits en esclavage pouvaient se rassembler librement le dimanche pour chanter, danser, prier et échanger des produits.
« Chaque semaine, des hommes et des femmes originaires notamment du bassin du fleuve Congo, de la Sénégambie et de l’ancien royaume du Dahomey s’y retrouvaient pour préserver leurs traditions culturelles », a-t-elle ajouté.
Au-delà d’un simple lieu d’échange, Congo Square constituait, selon Mme Pedro, un véritable espace de survie culturelle où les tambours, les langues africaines et les danses traditionnelles continuaient de vivre malgré l’oppression du système esclavagiste.
«Les observateurs de l’époque y décrivaient des cercles de danse, des percussions puissantes ainsi que des pratiques spirituelles directement héritées de nombreuses sociétés africaines.
Ces rassemblements ont profondément marqué la culture de la Louisiane et contribué à l’émergence des formes musicales qui influenceront plus tard le jazz à New Orleans », a indiqué l’historienne.
Mme Natou Pedro Sakombi a, par ailleurs, invité le public à consulter l’ouvrage Congo Square: African Roots in New Orleans de Freddi Williams Evans, qui explore l’histoire de ce lieu emblématique et met en lumière la préservation des traditions africaines dans la diaspora. ACP/C.L.

