Kinshasa, 19 juillet 2026 (ACP).- La rumba congolaise, née entre les deux rives du fleuve Congo, est devenue populaire en Afrique de l’Ouest grâce aux nombreux échanges culturels entre les peuples africains, après son apogée en République démocratique du Congo, a expliqué un analyste culturel, dans une vidéo visualisée vendredi par l’ACP à Kinshasa.
« La rumba congolaise est le résultat d’un brassage culturel entre les traditions musicales de deux Congo, les influences ouest-africaines, les rythmes afro-cubains et les instruments modernes. Son succès en Afrique de l’Ouest s’explique par cette histoire commune qui en fait une expression authentiquement africaine », a déclaré Ikia Guillaume Kouka dans sa réflexion.
Selon lui, à la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ siècle, des travailleurs, marins et commerçants originaires notamment du Ghana, du Nigeria, de la Sierra Leone, du Liberia et du Togo se sont installés dans le bassin du Congo pour travailler dans les ports, sur les chemins de fer et dans les entreprises coloniales.
Ces communautés ont apporté avec elles leurs traditions musicales, notamment le highlife, ainsi que des instruments modernes tels que la guitare, le saxophone et l’accordéon, influençant une nouvelle génération de musiciens congolais.
L’analyste a rappelé que des pionniers de la musique congolaise, parmi lesquels Henri Bowane et Antoine Wendo Kolosoy, ont puisé dans ces différentes influences pour contribuer à l’émergence et au développement de la rumba congolaise.
Il a souligné que l’engouement de cette musique dans des villes comme Abidjan, Accra, Cotonou, Lomé, Lagos ou Dakar s’explique par le fait qu’elle n’y est pas considérée comme une musique étrangère, mais comme le produit d’une histoire culturelle partagée entre les peuples africains.
Pour Ikia Guillaume Louis, la rumba congolaise dépasse aujourd’hui le simple cadre musical. Elle constitue une mémoire culturelle commune, un symbole de l’identité africaine et un langage universel capable de rapprocher les générations et de renforcer les liens entre les peuples du continent.
La rumba congolaise, inscrite en 2021 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, continue ainsi d’être reconnue comme un héritage vivant témoignant de la richesse des échanges culturels africains. ACP/BM

