Journée du livre de Ngandanjika : l’enseignement des mathématiques en français et ciluba évoqué

Ngandanjika, 1er mai 2026 (ACP).- La deuxième journée de la 6ème édition de la Journée du livre de Ngandanjika, dans la province de Lomami, au centre de la République démocratique du Congo, a été marquée vendredi par un exposé sur l’enseignement des mathématiques élémentaires en français et en ciluba, inspiré des travaux de Lazare Mpoyi, a constaté l’ACP.

« Dans le contexte de l’école congolaise et africaine, Mpoyi Lazare (prêtre et scientifique) s’est intéressé à la manière dont les mathématiques peuvent être enseignées de façon, à la fois rigoureuse et accessible. Son approche repose sur l’idée que les mathématiques ne doivent pas être perçues uniquement comme un ensemble de techniques abstraites, mais comme outil de formation intellectuelle et sociale, en lien avec le quotidien des apprenants », a fait savoir la sœur Hortense Mpunga Kazadi, assistante au département de math-physique à l’ISP/Mbujimayi et inscrite au DEA à l’école doctorale de l’ISP/Bukavu, pôle de Mbujimayi.

Intervenant au centre culturel Mgr Tharcisse Tshibangu Tshishiku, la chercheuse a présenté une approche pédagogique axée sur l’accessibilité et la contextualisation des mathématiques dans l’environnement des apprenants.

« Notre objectif dans cet exposé, est de montrer comment les principes de Mpoyi Lazare peuvent améliorer la compréhension, la rigueur et l’autonomie des apprenants, tout en renforçant le lien entre les mathématiques et la vie quotidienne », a-t-elle ajouté.

Selon la religieuse de la congrégation des sœurs thérésiennes du diocèse de Mbujimayi, les mathématiques constituent un levier essentiel dans la formation intellectuelle et scientifique.

« Le choix de ce thème s’explique par l’importance des mathématiques élémentaires dans la formation intellectuelle et scientifique des apprenants. Elles ne sont pas seulement une discipline scolaire, mais un véritable outil de structuration de la pensée, de développement de la logique et de préparation à la citoyenneté », a-t-elle souligné.

Une approche partant du concret vers l’abstrait
Pour la sœur Hortense Mpunga, l’enseignement des mathématiques élémentaires doit être conçu comme une démarche progressive allant du concret vers l’abstraction.

« L’enseignement des mathématiques élémentaires ne doit pas être une simple transmission de formules figées. Il doit être une aventure intellectuelle, une découverte qui part du concret pour s’élever vers l’abstrait. C’est là toute la force de l’approche de Mpoyi Lazare : elle transforme une ficelle, un fruit ou une pièce de monnaie en instrument de savoir, en ponts vers la rigueur et la logique », a-t-elle soutenu.

« Certes, cette méthode demande du temps, de l’attention et une solide préparation de l’enseignant. Mais elle offre en retour ce que les méthodes traditionnelles peinent à garantir : des élèves qui comprennent, qui argumentent, qui pensent par eux-mêmes. Des élèves qui ne se contentent pas de répéter, mais qui savent raisonner, analyser et agir en citoyens éclairés », a-t-elle poursuivi.

Elle a précisé que cette approche ne s’oppose pas aux méthodes classiques, mais constitue un complément indispensable.

« Alors, ne voyons pas l’approche de Mpoyi Lazare comme une opposition aux méthodes classiques, mais comme leur complément indispensable. Car c’est en commençant par le concret que nous donnons aux enfants les clés de l’abstrait, et c’est en leur donnant le goût de chercher qu’ils deviennent des esprits libres et critiques », a-t-elle dit en substance.

La Journée du livre de Ngandanjika vise à promouvoir la lecture, la recherche scientifique et les échanges intellectuels dans cette partie du pays. ACP/C.L.

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