Kinshasa, 31 octobre 2025 (ACP).- Un appel à l’appropriation des acquis de l’atelier sur la critique d’art à l’ère de l’Intelligence artificielle par les journalistes culturelles a été lancé jeudi par les organisateurs à l’issue de ses assises du 28 au 30 octobre à Kinshasa.
«Si vous voulez vraiment construire Kinshasa comme capitale culturelle, comme un vivier de la culture, il faut y retrouver les critiques d’art, les artistes, et toutes les déclinaisons qui gravitent autour de la culture. Ces pouvoirs-là-vous sont donnés, et les gens vous courtiseront par la force du travail que vous accomplirez, par la pertinence de ce que vous réaliserez», a déclaré le docteur Henri Kalama Akulez, directeur général de l’Académie des beaux-arts de Kinshasa.
«Vous serez connus, et vous aurez accompli un travail dans ce sens-là. Mais si vous ne produisez pas, et que nous restons cantonnés à l’oralité, je crois que nous n’aiderons pas beaucoup d’artistes le secteur culturel», a-t-il ajouté.
A l’issue de cet atelier sur la critique d’art à l’ère de l’Intelligence artificielle, les journalistes culturels ont bénéficié des certificats de participation. Présente à cette cérémonie, la directrice de l’Institut français de Kinshasa, Françoise Balais, a également exhorté les lauréats à mettre en pratique les connaissances théoriques acquises au service du pays. Il leur a rappelé que le critique d’art est une personne chargée de donner son avis sur la qualité des œuvres.
Selon elle, il peut, en fonction de sa notoriété, influencer le marché de l’art tout entier.
De son côté, la formatrice et historienne de l’art française, Anne Lafont, s’est dit séduite par les interactions communicatives entre apprenants pendant l’atelier.
«Si je devais résumer tout cela en un paragraphe, je dirais qu’il ne faut pas hésiter à faire confiance à sa propre culture quand on écrit sur l’art», a-t-elle conseillé, poursuivant: «Il n’y a pas de discours prédéfini à tenir. Il y a ce que chacun mobilise personnellement, des cultures extra-artistiques qui trouvent leur sens à travers l’art. Autrement dit, chacun arrive dans la critique avec ses propres références, et tout est bon, tant qu’on sait les expliciter. Il faut oser faire confiance à son bagage culturel, quel qu’il soit, et le mettre en œuvre dans l’écriture».
Cet atelier sur la critique d’art à l’ère de l’IA s’est inscrit dans l’objectif de renforcer les liens entre le monde de la presse et celui des arts plastiques, et surtout de familiariser les journalistes culturels avec les outils, les méthodes et les principes fondamentaux de la critique d’art.
Cela a été rendu possible grâce à une collaboration entre l’Académie des beaux-arts et l’institut français de Kinshasa.
Plusieurs formateurs, parmi lesquels Anne Lafont, critique d’art française, Patrick Tankama, jean Kamba et le professeur Pierre N’sana, ont défilé tour à tour, pour outiller les journalistes culturels évoluant dans la capitale. ACP/ODM

