Kinshasa : la mémoire et la résilience au cœur des œuvres de quatre artistes de l’Est

Kinshasa, 26 septembre 2026 (ACP).- Les œuvres de quatre artistes ressortissants de l’Est de la République démocratique du Congo, réunies dans l’exposition « ELIKIA-Archéologies », axée sur la mémoire et la résilience, ont été présentées vendredi à l’espace mémorial de Kinshasa, a indiqué l’initiatrice lors d’un entretien avec l’ACP.

« Je vous souhaite la bienvenue dans ce lieu de recueillement, mais aussi de transmission et de sensibilisation. Nous remercions le collectif ELIKIA qui, à travers son exposition, nous rappelle l’importance de la mémoire, de la paix, de la résilience et de la dignité des communautés touchées par les conflits armés », a déclaré Sanny Mabala, coordonnatrice du site mémorial du Genocost de Kinshasa.

Elle a indiqué que les créations présentées retracent la mémoire, les épreuves et la résilience des communautés touchées par les conflits, tout en montrant comment l’art peut contribuer à transformer les blessures en force et en création.

 L’archéologie de la résilience

Parmi les artistes exposants, la peintre Edith Congane présente une série axée sur  » l’archéologie de la résilience », mettant en avant la force, la vitalité et la capacité de survie des populations de l’Est de la République démocratique du Congo.

« Ce qui nous a amenés ici, ce n’est pas de voir la souffrance des femmes de l’Est, mais plutôt de voir ce qu’elles peuvent faire. On n’est pas là pour pleurnicher. Quand vous regardez les œuvres, il y a de la couleur, il y a des mouvements qui parlent, il y a de la vie », a expliqué Edith Congane.

Parmi les œuvres présentées figure  » Fragile », un tableau consacré au traumatisme, à la résilience et à la transmission de la mémoire.

« ‘‘Fragile’’, c’est un tableau où l’on voit une femme qui cache son visage parce qu’on n’a pas besoin de voir qui elle est ni ce qu’elle a vécu. Elle ressemble à toi. (…) Je couvre mon visage pour dire : je suis fragile, ne me rappelez pas ma douleur, mais la meilleure façon de m’aider, c’est d’écouter mon histoire et de faire en sorte que cela ne se reproduise plus », a-t-elle ajouté.

À travers la peinture et le collage, l’artiste explore le corps comme espace de mémoire et de résistance, en utilisant notamment la superposition et les fragments pour établir un lien entre le passé et le présent.

Née en 2003 au Sud-Kivu et formée à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, Edith Congane est une artiste visuelle et curatrice dont le travail s’inspire notamment de l’histoire et des mutations de Bukavu, Goma et Kinshasa.

L’exposition réunit les œuvres de quatre artistes ressortissants de l’Est de la République démocratique du Congo et s’inscrit dans une démarche consacrée à la mémoire, à la paix, à la résilience et à la dignité des communautés affectées par les conflits armés.

 ACP/ NiM (SP)/BA

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