Kinshasa : l’éducation culturelle et le rôle des percussions au centre d’une rencontre

Kinshasa, 31 janvier 2026 (ACP) , – L’éducation culturelle et la transmission du patrimoine ont été au cœur des échanges avec le percussionniste congolais Paul Ngoie, lors d’une rencontre culturelle organisée samedi à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

« Un enfant qui grandit en voyant et en comprenant sa culture n’en aura pas peur. La peur du masque ou de certains symboles africains vient souvent d’un manque d’instruction culturelle », a expliqué le percussionniste Paul Ngoie Leperc.

Par ces propos, il a encouragé les jeunes à aimer, comprendre et approfondir leur passion, soulignant l’importance d’une éducation culturelle dès le jeune âge pour renforcer l’identité et la compréhension du patrimoine.

Le percussionniste a par ailleurs rappelé le rôle historique des percussions dans les sociétés congolaises, utilisées comme instruments de communication, de danse et même de stratégie en période de chasse ou de guerre.

« Il y a plusieurs types de tambours traditionnels, tels que le goma, le gombe ou encore le golé, qui ont ensuite influencé la musique congolaise moderne et les premiers orchestres structurés », a-t-il fait savoir.

Il a également insisté sur le fait que ces instruments sont des vecteurs de transmission des valeurs, de l’histoire et de l’identité culturelle du peuple congolais.

Un parcours atypique vers la percussion

« C’est en découvrant d’autres styles musicaux comme le jazz, le soukous et d’autres formes que mon esprit s’est ouvert. Je me suis dit que je deviendrais percussionniste, malgré le fait que cet instrument était alors négligé », a dit Paul Ngoie.

Selon lui, le choix de la percussion relevait d’une volonté assumée de sortir des sentiers battus, à une époque où la reconnaissance était davantage accordée aux guitaristes, pianistes ou batteurs.

« J’ai choisi un instrument dont les gens ne s’occupaient presque pas et j’en ai fait ma vie. La sortie de mon premier album est devenu, avec le temps, une référence et une source d’inspiration pour toute une génération de jeunes percussionnistes », a-t-il ajouté.

« Mon parcours démontre qu’il est possible de réussir à partir de ce que la société néglige. On n’est pas obligé de faire comme les autres. Le monde artistique offre une diversité de possibilités : musique, théâtre, danse et bien d’autres formes d’expression », a-t-il conclu.

Paul Ngoie Leperc est un percussionniste congolais reconnu pour son parcours atypique dans la musique traditionnelle et moderne de la RDC. Maître des tambours traditionnels tels que le goma, le gombe et le golé, il valorise l’éducation culturelle auprès des jeunes et contribue à la transmission des valeurs, de l’histoire et de l’identité culturelle congolaise.
ACP/C.L.

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