Kinshasa, 26 mars 2026 (ACP).- L’impact des migrations, de la modernisation et des échanges culturels sur les identités urbaines, et les risques de perte des coutumes et traditions en République démocratique du Congo, ont été soulevés jeudi à Kinshasa lors d’un forum par des spécialistes en sciences sociales, politiques et administratives.
<<L’objectif de ce forum vise à comprendre l’impact des migrations, de la modernisation et des échanges culturels sur les identités urbaines et les motivations de l’acculturation dans les cinq principales villes de la RDC>>, a déclaré Freddy Kiana, sociologue.
<<Les dynamiques urbaines ont transformé profondément les comportements sociaux et favorisé une hybridation culturelle qui mérite une attention scientifique particulière. Les jeunes générations, notamment, ont mélangé traditions et influences extérieures avec une rapidité impressionnante, ce qui est très inquiétant>>, a-t-il ajouté.
Cette problématique vise à anticiper les tensions potentielles et à renforcer la cohésion sociale dans des villes où coexistent traditions, modernité et flux migratoires importants.
Les décisions politiques doivent intégrer ces changements culturels pour éviter des conflits potentiels.
Les chercheurs pensent qu’il faut se rendre dans les cinq principales villes de la RDC pour collecter des données et analyser les dynamiques culturelles en cours.
Pour la politologue Maguy Tangamu, « comprendre l’acculturation urbaine a été essentiel pour anticiper les tensions potentielles et renforcer la cohésion sociale dans des villes où coexistent les traditions, la modernité et les flux migratoires importants. Les décisions politiques doivent intégrer ces changements culturels pour éviter des conflits potentiels ».
Le forum a également prévu des études comparatives entre Kinshasa, Lubumbashi, Mbuji-Mayi, Kisangani et Kananga afin d’identifier les facteurs favorisant l’adoption de pratiques culturelles nouvelles, qu’il s’agisse de modes vestimentaires, de langues urbaines, de styles musicaux ou de comportements sociaux dans l’espace public.
Et cela dans le but de déposer au moment opportun un programme promotionnel pour le cours de sociologie et culture africaine.
« Mais malheureusement, la migration interne, l’éducation et l’accès aux médias numériques ont joué un rôle déterminant dans l’acculturation. Les villes sont devenues des laboratoires sociaux où les identités se recomposent constamment au détriment des cultures et coutumes originelles », a poursuivi Maguy Tangamu.
Les organisateurs ont souligné également l’importance de documenter ces transformations pour guider les politiques publiques et renforcer l’inclusion sociale. Les participants ont débattu de méthodologies adaptées à l’observation urbaine et proposé des indicateurs permettant de mesurer l’intensité de l’acculturation dans différents contextes et codifier dans le programme de sociologie et culture africaine afin d’en augmenter la pondération dans les établissements scolaires.
Ces travaux entendent produire un rapport synthétique et des recommandations destinées aux autorités locales et aux chercheurs, afin d’améliorer la compréhension des processus culturels et de soutenir une gestion harmonieuse de la diversité urbaine en RDC. ACP/JF

