Présentation du spectacle « Bobebisi Ngai ».
Kinshasa, 29 juin 2026 (ACP).- Un spectacle de théâtre autour des enjeux culturels et écologiques du Bassin du Congo, a été présenté samedi au Centre culturel congolais Le Zoo, à Gombe, dans le nord de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), afin de sensibiliser la population à la protection de l’environnement.
« Ce projet, a été porté en consortium par le Théâtre du Fleuve et Kongo River, avec le soutien d’Africalia et d’Enabel. Depuis plusieurs semaines, douze jeunes artistes se sont réunis pour nous présenter ce spectacle intitulé « Bobebisi Ngai », une restitution visant à faire découvrir le fruit de cette aventure artistique collective en sensibilisant la communauté congolaise sur les déchets qui peuvent devenir une création », a déclaré Paul Ngoie Leperc, directeur général du Centre culturel congolais « Le Zoo ».
Juste après la représentation scénique, M. Ngoie a fait remarquer, lors des échanges sur la même thématique, que le centre culturel a constitué un espace d’exploration et d’expérimentation artistique pour permettre à ces jeunes talents d’oser et de valoriser le patrimoine du pays.
« Le Centre Culturel Congolais Le Zoo traverse une phase de profonde redynamisation, nous sommes passés par l’assainissement et la sécurisation du site pour en faire un pôle de création sain et maintenant le retour des artistes et des opérateurs culturels au cœur des activités du centre, nous voulons que l’art soit le pont de transmission de l’héritage des vieux aux jeunes », a-t-il dit.
Pour sa part, Vincent Kunda, président de l’ONG Kongo river s’est dit satisfait du fait que « l’art soit utilisé pour ce projet afin de sensibiliser et faire prendre conscience à chacun des enjeux liés à notre patrimoine commun qu’est le fleuve Congo qui représente l’une des richesses inestimables de la RDC de par son potentiel hydroélectrique colossal tout en étant, une ressource en eau douce valorisée à des milliards avec une biodiversité foisonnante et un rôle vital de régulateur climatique ».
« On ne peut pas protéger, on ne peut pas aimer quelque chose que l’on ne connaît pas. A travers ce projet, nous voulons inviter tout le monde ici à une prise de conscience, car le fleuve Congo est menacé par la pollution industrielle et domestique. Ce projet a été conçu de manière à permettre aux artistes de se sentir un peu plus utile, pour vulgariser ce message », a fait savoir M.Kunda.
Des artistes exhortés à prendre conscience de leur pouvoir d’ambassadeurs culturels et écologiques

Dans le même registre, des artistes de différents domaines, ont été exhortés à prendre conscience de leur pouvoir d’ambassadeurs culturels et écologiques, en rapport aux enjeux du bassin du Congo, le deuxième plus grand bassin versant du monde après celui de l’Amazone.
« Dans le projet théâtre, héritage culturel et écologique, nous avons choisi les artistes qui sont passés par plusieurs modules de formation pour leur faire prendre conscience de leur capacité, où la science ne peut pas, la culture peut. Parce que les culturels sont des personnes qui attirent facilement, ils plongent les gens dans une dynamique, dans un mode de vie, dans des styles de pensée, Et les artistes eux-mêmes doivent prendre conscience qu’ils ont le pouvoir d’ambassadeurs, afin de transmettre le message chacun dans son art avec une dynamique qui doit être transformatrice, l’art doit changer le cours de l’histoire, et transformer le pays», a dit David-Minor Ilunga, du Théâtre du Fleuve.
Pour une meilleure sensibilisation sur la préservation du fleuve Congo, lors de la formation qui a précédé ce spectacle, les artistes ont pu parfaire leur jeu d’acteur grâce à une immersion dans la création théâtrale et les techniques scéniques sous un fond de musique, en travaillant sur les déchets recyclés qu’ils ont transformés en costumes d’apparat et en décor scénique qu’ils ont fièrement arborés lors de ce spectacle.
Cette soirée a été marquée par la présentation du grand baobab qui trône dans l’enceinte du Centre culturel congolais Le Zoo comme symbole de la résilience et de la mémoire depuis 70 ans. Cet arbre emblématique ayant longtemps servi de repère naturel et spirituel en nourrissant l’imaginaire des créateurs locaux a été présenté selon l’approche historique de l’ex Léopoldville comme un patrimoine à préserver.
Outre, un appel pour participer à un atelier de création artistique prévu le 31 mars à Kinshasa, a été lancé aux jeunes artistes. Ce projet est axé sur le dialogue entre la culture, le patrimoine et l’écologie autour du Bassin du Congo, tout en portant un regard particulier sur la femme et son un rôle fondamental au sein de la société.
ACP/B/M (SP)/Isr

