Kinshasa, 6 octobre 2025 (ACP).- La chanson ‘‘Blessures’’, tirée de l’album “ Maître d’école ” de feu le chanteur congolais Papa Wemba, a été perçue par un créateur digital de la République démocratique du Congo, comme un art de transformer la souffrance en lumière, selon une déclaration faite lundi à l’ACP.
« Dans ‘‘Blessures’’, Papa Wemba met à nu les douleurs silencieuses d’un homme trahi, incompris et rejeté (…). Mais derrière la douleur, l’artiste laisse entrevoir une sagesse : des blessures qui forgent le caractère et deviennent la marque des vrais leaders et des âmes profondes », a déclaré le photographe Patrick Nkusu dit ‘‘Étoile’’.
Selon lui, la force de cette chanson réside dans sa capacité à exprimer ce que beaucoup taisent.
« Cette lumière, on la retrouve dans tant de cœurs, derrière nos humours sur les réseaux sociaux (…) Si nous ouvrions nos vies et laissions apparaître ce que nous cachons, beaucoup se demanderaient : « Comment fait-il pour continuer à vivre et donner l’impression d’aller bien ? », a-t-il expliqué, soulignant que « l’homme blessé apprend à pardonner, à se relever et à transformer la souffrance en lumière ».
Patrick Nkusu estime que les paroles, le rythme, la mélodie, la voix de Jules Shungu Wembadio ou encore les souvenirs associés à cette chanson, confèrent à cette chanson une dimension émotionnelle universelle, capable de traverser le temps et les cultures.
« À travers une voix chargée d’émotions, il évoque les cicatrices invisibles que la vie et les proches laissent dans le cœur. Ce sont des blessures qu’aucun pansement ne peut guérir : celles du mépris, de la calomnie et de la trahison », a-t-il expliqué, avant de citer notamment le passage : « Maman ya bana, ba kangi ye ndoki sans moyen de défense », comme une image forte d’injustice subie par ceux privés de parole dans une société prompte à condamner.
Il sied de rappeler que la chanson “ Blessures ”, d’une durée d’environ (5) minutes, est un hommage posthume rendu à Jean Baptiste Emeneya Mubiala dit King Kester, l’un des compagnons artistiques de Papa Wemba, décédé le 13 février 2014 à l’hôpital Marie Lannelongue, en région parisienne, à l’âge de 57 ans.
Dans ce titre, sorti en 2014, Papa Wemba a évoqué d’autres figures décédées de l’orchestre Viva La Musica, parmi lesquelles Alpatshino Bulantulu, Espérant Djengaka, Célé le roi, Deb’s Debaba, Dindo Yogo, Tofla Kitoko, Petit Aziza, Mère Malou, témoignant de sa mémoire vivante et reconnaissante à l’égard de ceux qui ont marqué son parcours musical.
ACP/JF

