Kinshasa, 26 janvier 2026 (ACP). – La consommation de l’art contemporain de la République démocratique du Congo (RDC) est largement dominée par les expatriés et les collectionneurs étrangers, tandis que le public local est resté marginal dans l’achat et la collection des œuvres, a indiqué lundi à l’ACP une critique d’art.
« Bien que l’art contemporain congolais connaisse une vitalité créative remarquable, son marché intérieur reste peu développé. En RDC, l’art contemporain est davantage perçu comme un fait culturel ou symbolique que comme un bien économique ou patrimonial, en raison notamment des contraintes économiques, de l’absence d’une tradition de collection et du manque de politiques culturelles structurantes », a expliqué John Bongenya, le critique d’art.
M. Bongenya a souligné que les expatriés, les collectionneurs étrangers et les galeries internationales constituent aujourd’hui le principal moteur de la consommation de l’art congolais.
« De nombreuses œuvres majeures sont ainsi acquises, exposées et conservées hors du pays, notamment en Europe et en Amérique du Nord », a-t-il fait savoir.
Poursuivant, il a précisé que, cette reconnaissance internationale offre une visibilité importante aux artistes congolais, mais accentue également une forme de délocalisation symbolique de l’art national.
Le critique d’art a par ailleurs, relevé que, l’émergence d’initiatives locales, telles que des galeries indépendantes, des foires et des résidences artistiques, visent à rapprocher l’art contemporain de son public naturel.
« Le défi reste de faire de l’art contemporain congolais une œuvre regardée, fabriquée, comprise et achetée par les Congolais eux-mêmes. A l’exemple des œuvres illustratives d’Eddy Masumbuku et d’Hervé Masela », a-t-il conclu. ACP/C.L.

