Kinshasa, 7 avril 2026 (ACP).- La polyandrie africaine a été analysée par une chercheuse lors d’un forum axé sur une démarche historique et anthropologique chez les Lélés (Bashilele) du Kasaï, un peuple situé dans la partie centre de la République démocratique du Congo, a appris l’ACP lundi de la chercheuse historique.
«Après avoir abordé la question de la polygamie la semaine passée, chose promise chose due, nous allons également aborder la question de la polyandrie, forme matrimoniale nettement moins étudiée que la polygamie dans les sociétés africaines. Si la polygamie masculine (un homme avec plusieurs épouses) a fait l’objet de nombreuses recherches anthropologiques, la polyandrie, définie comme l’union d’une femme avec plusieurs époux, demeure un phénomène beaucoup plus marginal et plus complexe à documenter», a expliqué Natou Pedro Sakombi, Chercheuse en histoire contemporaine.
Selon elle, cette analyse ne vise ni à promouvoir, ni à condamner la polyandrie. Elle s’inscrit par contre dans une démarche historique et anthropologique, dont l’objectif est d’examiner les conditions sociales, économiques et symboliques dans lesquelles certaines sociétés ont pu tolérer ou organiser des formes d’unions multiples autour d’une même femme avant d’ajouter que Cette relative rareté explique en partie la faiblesse de la littérature consacrée à cette institution dans les sociétés africaines.
Chez les Lele, les relations conjugales pouvaient être relativement flexibles. Certaines femmes pouvaient entretenir plusieurs relations sexuelles ou conjugales socialement tolérées, notamment dans des contextes où les hommes étaient fréquemment absents pour la chasse, le commerce ou d’autres activités. Tiré de l’anthropologue britannique Mary Douglas dans son ouvrage The Lele of the Kasaï» (1963).
Dans cette société, l’enfant appartenait avant tout au lignage maternel, ce qui limitait l’importance de l’identification précise du père biologique, a-t-elle fait savoir.
Selon Mme Sakombi, cette pratique, bien que rare existe dans plusieurs pays africains tels que le nigérian, le Kenya (…) dont l’évolution a contribué à réduire la diversité des systèmes matrimoniaux caractérisant auparavant les sociétés africaines .les formes de polyandrie ou d’unions multiples ont profondément subi la transformation historique au du XIXe siècle.
Notou Pedro a précisé que l’analyse anthropologique met en évidence l’existence de configurations sociales plus souples, dans lesquelles plusieurs hommes pouvaient entretenir des relations conjugales ou assumer des responsabilités familiales auprès d’une même femme.
L’idéal matrimonial serait de s’orienter selon elle, vers la monogamie ou la polygynie dans le sens où ces pratiques ne constituent pas les normes d’une tradition primordiale relevant un socle commun à plusieurs sociétés africaines, a-t-elle conclu. ACP/ODM

