Kinshasa, 29 mars 2026 (ACP).- Une résolution des Nations Unies qualifiant la traite des africains de crime contre l’humanité dont l’article 9 stipule la restitution des biens culturels aux pays d’origine, a été saluée par le ministère de la Culture de la République démocratique du Congo, selon un communiqué parvenu dimanche à l’ACP.
« Le Ministère de la Culture, Arts et Patrimoine salue l’adoption, dans le cadre de la 80ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, de la résolution intitulée ‘‘Déclaration portant qualification de la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage racialisé des Africains de plus grave crime contre l’humanité’’.
Son article 9 appelle à la restitution des biens culturels aux pays d’origine. Cet appel constitue également un axe inscrit dans les actions et perspectives du Ministère pour 2025–2026 », a-t-on lu.
« Le Ministère de la culture, arts et patrimoine réaffirme son engagement en faveur des personnes d’ascendance africaine, ainsi que pour la mémoire, la reconnaissance historique, la justice réparatrice et le rapatriement du patrimoine culturel », a ajouté le document.

Il convient de rappeler que le 24 janvier 2025, renseigne-t-on, le gouvernement congolais a signé un protocole d’accord pour la création d’un mémorial national en hommage à Ota Benga, qui aspirait à retrouver la terre de ses ancêtres.
Originaire de la RDC, il fut capturé puis exhibé en 1906 dans le zoo du Bronx à New York, l’un des exemples les plus marquants de la déshumanisation subie par les Africains.
« La mémoire de Ota Benga s’inscrit aujourd’hui, aux États-Unis comme en République Démocratique du Congo, dans une dynamique de reconnaissance, de réparation et de réhabilitation de la dignité », a révélé le communiqué.
Le 25 mars 2026, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté cette résolution historique (portée par le Ghana) qualifiant la traite transatlantique des esclaves africains de « plus grave crime contre l’humanité ».
Adopté par 123 pays, le texte demande des excuses formelles, une justice réparatrice et met en avant l’éducation sur ce passé.
Pour la RDC, cette résolution reconnaît la traite transatlantique et l’esclavage comme les crimes les plus graves contre l’humanité, marqués par leur ampleur, leur caractère systémique et leurs conséquences durables.
« Cette résolution souligne que ces injustices continuent d’alimenter des inégalités structurelles et appelle à une dynamique internationale de mémoire, de justice et de réparation », a rapporté le communiqué.
Ce texte non contraignant s’inscrit dans une démarche globale de « réparation » mémorielle et vise à renforcer la lutte contre le racisme actuel. ACP/C.L.

