Franco et d’autres membres de son TP OK Jazz. Photo d’archive
Kinshasa, 30 avril 2026 (ACP).- La rigueur artistique du chanteur congolais Youlou Mabiala a contribué à perpétuer l’œuvre de son maitre, le défunt musicien de la République démocratique du Congo (RDC), Franco Luambo, a révélé jeudi, l’écrivain brazzavillois Eddy Ngombé, au cours d’un entretien avec l’ACP sur son ouvrage intitulé “Le Carnet d’Eddy ”.
« Je le considère comme le fils spirituel de Franco : même rigueur, même puissance d’âme, même sens du verbe et de la mélodie. Avec lui, la rumba ne se contente pas de se chanter, elle se transmet », a déclaré Eddy Ngombé Mwèné.
Né le 6 mars 1947 à Brazzaville, surnommé ‘‘le Prince YM’’, Youlou Mabiala a forgé son destin au sein du mythique TP OK Jazz aux côtés de Franco.
« Dès 1976, il impose sa personnalité artistique dans l’album des vingt ans de l’orchestre avec le titre ‘’Kamikaze’’, preuve éclatante d’une maîtrise qui ne doit rien au hasard », a-t-il ajouté, soulignant que « Mwana Luambo, révélé auprès de Franco, a vu son destin s’écrire dans une histoire presque romanesque ».
Selon lui, le lien entre les deux hommes avait dépassé la scène.
« Devenu plus tard le dernier patron du TP OK Jazz relancé après 1994, Youlou Mabiala épouse la fille de celui qui fut son maître. La boucle est bouclée. Mais ce parcours ne relève ni du hasard ni de la complaisance. Il est le résultat d’un travail immense, d’une discipline artistique et d’un génie créatif supérieur », a relevé M. Eddy.
Après l’épopée zaïroise, a rappelé l’écrivain, il rentre au pays avec Loko Massengo et Michel Boyibanda pour fonder “Les Trois Frères”, formation qui bouleverse le paysage culturel avec “Saley”.
« Puis, à la tête de son orchestre Kamikaze, entouré du maestro Freddy Alfred Kebano et du guitariste Souza Vangu, il enchaîne près de dix ans de succès devenus patrimoniaux : “Carte Postale”, “Tazos”, “Judoka”, “1×2 = Mabé”, “Mon avocat a voyagé”, “Loufoulakari”, “Dona Beija ”», a-t-il poursuivi, avant de qualifier Youlou Mabiala de ‘‘figure vivante de la rumba congolaise’’.
« Chez lui, la voix épouse le rythme avec naturel, les mots deviennent images, et la mélodie prend une dimension presque patrimoniale. Dans la rumba, il y a Youlou Mabiala… et les autres », a affirmé Eddy Ngombé Mwèné, précisant que le titre “ Emoa-Nkana”est une illustration de « cet altruisme rare qui consiste à citer les noms de ses collègues. Voilà l’esprit Rumba ».
« Victime d’un AVC en août 2004 à Pointe-Noire, “ le Prince YM ” vit aujourd’hui en France. Je lui transmets toute la reconnaissance des mélomanes et nos pensées dans son combat contre la maladie. Youlou Mabiala demeure le plus grand rumbeiro de la République du Congo », a conclu Eddy Ngombé.
ACP/ C.L.

