La rumba congolaise demeure fidèle à son essence  d’après un historien

Kinshasa 23 janvier 2026 (ACP)- La rumba congolaise, expression emblématique de la musique populaire en République démocratique du Congo est demeurée fidèle  à son essence au fil du temps, a appris vendredi l’ACP, d’une rétrospective consacrée aux six générations de cette musique patrimoniale.

« La rumba congolaise a parfois été brassée, parfois mixée, parfois marginalisée, mais elle n’a jamais disparu. Elle a changé de meneurs au fil du temps, sans jamais renier son essence », a fait savoir Franklin Mokho, historien de la musique congolaise.

Selon lui, la première génération dite des précurseurs, a marqué la naissance de la rumba congolaise entre les années 1930 et 1950.

« Cette période fondatrice a été portée par des figures historiques telles que Wendo Kolossoy, Henri Bowane et Lucie Eyenga, qui ont jeté les bases d’une musique inspirée à la fois des sonorités africaines et des influences venues d’ailleurs », a fait remarquer  Franklin Mokho.

M. Mokho, a aussi expliqué que la deuxième génération a été celle des pionniers et a correspondu à la modernisation de la rumba avec l’émergence de grands ensembles musicaux.

« L’African Jazz (international) de Joseph Kabasele, dit Grand Kallé, et l’OK Jazz de Franco Luambo Makiadi ont structuré la rumba et l’ont propulsée sur les scènes africaine et internationale ».

S/t 1960 et 1970, phase de maturité de la rumba dans l’ex zaïre

Entre 1960 et 1970, a dit Franklin Mokho, la rumba a connu une phase de maturité artistique marquée par la diversification des styles, notamment la rumba-kara, la rumba-boucher et le soukous.

« Des orchestres emblématiques comme Thu-Zaïna, Stukas Boys, Zaïko Langa Langa, Bella Bella et l’Empire Bakuba de Pépé Kallé se sont imposés comme des références majeures de cette génération, en affirmant une identité musicale forte et innovante », a retracé l’historien.

La quatrième génération, surnommée ‘‘nouvelles vagues’’, a été caractérisée par l’arrivée du ndombolo, souvent associé à la danse du singe.

« Cette époque a vu l’ascension d’orchestres influents tels que Viva La Musica de Papa Wemba, Victoria Eleison de King Kester Emeneya, Quartier Latin de Koffi Olomide et Wenge Musica BCBG 4×4 ».

Entre 2000 et 2015, la rumba a continué de vivre à travers une jeunesse artistique partagée entre banalisation du genre et quête de reconnaissance internationale.

« Cette génération a évolué dans un contexte de mondialisation où la rumba cherchait à exister entre le concept parfois illusoire de la World music et la fidélité à ses racines, avec des figures marquantes comme Fally Ipupa et Ferré Gola », a expliqué l’analyste.

Depuis 2015, cette musique a poursuivi son évolution avec une nouvelle génération qualifiée d’intolérante, marquée par des ruptures stylistiques et des débats identitaires.

« Des chanteurs comme Innos’B et d’autres figures contemporaines ont illustré cette phase où la rumba, tout en se transformant, a continué d’exister ».

« A travers ces six générations, la rumba congolaise s’est imposée comme une musique vivante, reflet de l’histoire sociale, culturelle et émotionnelle du peuple congolais », a conclu l’historien Mokho. ACP/C.L.

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