Kinshasa, 26 juin 2026(ACP).- Les musiques blues, jazz et la Rumba congolaise ont été présentées, jeudi, comme un héritage culturel commun du peuple noir, façonné par l’histoire de la traite négrière et des échanges entre l’Afrique et sa diaspora, lors d’un master class organisée au Centre culturel M’Eko, à Kinshasa, en République démocratique du Congo(RDC).
« Le blues, le jazz et la musique congolaise font partie de l’héritage du peuple noir qui a été esclavagisé et transporté vers d’autres cultures. Cette musique est partie avec les esclaves vers la diaspora et elle revient aujourd’hui sous différentes formes », a déclaré Maïka Munan, musicien et intervenant.
Selon lui, la richesse de la musique congolaise puise ses racines dans la diversité culturelle des plus de 400 groupes ethniques de la République démocratique du Congo, qui constituent une source majeure de création artistique et d’identité sonore.
« Ces ethnies sont considérées comme une source majeure de la création artistique nationale et de son identité sonore », a-t-il précisé.
L’intervenant a également évoqué les influences extérieures, notamment la pop, les musiques religieuses et d’autres courants internationaux, qui ont contribué à l’évolution de la musique congolaise contemporaine.
« La problématique du lien entre le Congo et la diaspora, ainsi que les échanges culturels historiques, ont influencé des genres musicaux tels que le blues et le jazz, parfois considérés comme issus de racines africaines communes », a-t-il expliqué.
Au cours de cette rencontre, Maïka Munan a sensibilisé les artistes à la protection de leurs droits, notamment en matière de propriété intellectuelle, de droits d’auteur et de gestion de carrière.
« Beaucoup de créateurs ignorent encore les mécanismes juridiques liés à la propriété intellectuelle, aux droits d’auteur et à la gestion de carrière, ce qui les expose à des exploitations injustes dans l’industrie musicale », a-t-il souligné.
Intervenant à son tour, Mbungu Pierrot, artiste slameur et participant à cette master class, a salué l’initiative, estimant que la formation continue demeure indispensable dans le parcours d’un artiste.
« Il est important de participer à ce type de master class car nous devons apprendre chaque jour. Aujourd’hui, on observe un sentiment d’orgueil chez certains artistes après une petite œuvre et quelques applaudissements, alors que ce n’est pas suffisant », a-t-il déclaré.
« Nous avons appris beaucoup de choses sur nos droits en tant qu’artistes, ainsi que sur l’origine du jazz, du blues et de la musique congolaise », a-t-il ajouté.
Pour sa part, Djédjé Shako, directeur général du Centre culturel M’Eko, a présenté cette structure comme un espace dédié à l’accompagnement des artistes, entrepreneurs culturels et créateurs à travers des formations, des ateliers et des initiatives de production artistique.
« Nous organisons chaque mois des formations et des ateliers pour permettre aux artistes de comprendre comment vivre de leurs œuvres. L’art est vaste et la culture également. Il s’agit d’orienter, de former et d’encadrer les créateurs », a-t-il indiqué.
Ce master class a permis de renforcer les connaissances des participants sur l’histoire du blues, du jazz et de la rumba congolaise, ainsi que sur les enjeux professionnels liés aux métiers des arts, en encourageant une pratique plus structurée et une meilleure maîtrise des droits des créateurs.
ACP/M/BA

