Kinshasa, 15 juin 2026(ACP).- L’évolution de la carrière du chanteur Fally Ipupa vers des espaces musicaux majoritairement anglophones, a poussé les linguistes à analyser le lingala, l’une des langues nationales de la République démocratique du Congo (RDC), comme un phénomène de circulation culturelle et linguistique, a rapporté lundi à l’ACP un saxophoniste congolais.
« L’intérêt de cette dynamique réside dans la manière dont une langue de création artistique comme le lingala est progressivement exposée à des publics dont les références linguistiques principales sont l’anglais. Il ne s’agit pas seulement de l’évolution d’une carrière musicale, mais également de la circulation d’un contenu culturel dans d’autres espaces de réception », a déclaré Emmanuel Malango. Selon le saxophoniste, les collaborations développées par Fally Ipupa avec des artistes issus de l’espace anglophone, de même que sa présence dans des événements et circuits de diffusion internationaux, constituent des indicateurs de cette ouverture vers de nouveaux marchés musicaux. « Les industries musicales contemporaines fonctionnent de plus en plus sur des logiques de transversalité. Les plateformes numériques, les collaborations internationales et la mobilité des artistes favorisent la rencontre entre des publics qui n’appartiennent pas nécessairement aux mêmes espaces linguistiques », a-t-il expliqué.
Il a également fait savoir que, l’intérêt analytique du phénomène réside notamment dans l’observation de la réception d’œuvres majoritairement interprétées en lingala par des auditoires anglophones, dans un contexte où les frontières culturelles sont de plus en plus poreuses.
Concluant, Emmanuel Malango a indiqué que, le prochain envol vers les espaces anglophones que prévoit le chanteur Fally Ipupa constitue un cadre d’observation supplémentaire de cette circulation culturelle à travers laquelle, les chansons congolaises à prédominance lingalophone sont exposées à de nouveaux publics.
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