Le narratif culturel, une responsabilité collective pour renforcer  l’identité d’un peuple

Kinshasa, 25 août 2026 (ACP).- La réappropriation du narratif culturel national comme une responsabilité collective pour préserver la mémoire, valoriser le patrimoine et renforcer l’identité, a été évoquée mardi, lors d’un échange avec un opérateur culturel joint au téléphone par l’ACP depuis Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC).

« Le patrimoine culturel congolais, vivant, riche et multiple, ne devrait plus être raconté exclusivement par d’autres. La nécessité pour les Congolais de reprendre la parole sur leur histoire, leurs créations et leur contribution à l’histoire culturelle du pays et du continent africain est importante pour la réappropriation du narratif culturel national », a déclaré Mwene Eddy Ngombe, président de Culture Congo Avenir.

« Se raconter, c’est reprendre la parole. Se réapproprier notre narratif, c’est reprendre la responsabilité de notre mémoire », a-t-il dit, estimant que la culture dépasse le simple cadre des pratiques artistiques et des traditions à conserver.

Pour lui, la culture constitue également un instrument de construction de l’identité nationale, permettant à chaque citoyen, à travers son métier, son savoir et son expérience, de devenir un passeur de mémoire et un acteur de la préservation du patrimoine.

Producteur, éditeur et auteur-compositeur, Ngombé a indiqué que son parcours professionnel, entamé depuis 1992, est intimement lié à cette vision. 

Ses études au Conservatoire national des arts et métiers de Paris (CNAM) ont, selon lui, contribué à renforcer sa volonté de comprendre, de structurer et de transmettre les richesses culturelles de son pays.

Depuis 2014, à travers l’association Culture Congo Avenir, il a inscrit cet engagement dans une démarche collective autour de la devise : « Affirmons notre identité ».

Cette initiative intervient notamment dans la découverte et la valorisation des artistes, la production musicale, l’édition, la défense et la promotion du droit d’auteur, la réflexion sur la gestion collective des droits, ainsi que la sauvegarde et la transmission du patrimoine musical.

Elle accorde également une attention particulière à la reconnaissance et au rayonnement de la rumba congolaise, inscrite par l’Unesco sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Ngombé a appelé, à cette occasion, à retrouver et documenter les noms, les œuvres, les parcours et les histoires des artistes, musiciens, écrivains et autres créateurs ayant contribué à façonner l’identité culturelle congolaise.

« Un patrimoine qui n’est ni documenté, ni transmis, ni raconté risque progressivement de disparaître du récit collectif », a-t-il averti, plaidant pour une meilleure protection des droits des créateurs et une valorisation accrue de leurs œuvres.

Il a enfin invité chaque citoyen à devenir, à son niveau, un passeur de mémoire, capable de faire connaître l’histoire, de promouvoir les créateurs et de contribuer à la défense du patrimoine culturel national.

ACP/K

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