Le passeport congolais valorisé par le symbole de léopard, marque de l’identité nationale

Kinshasa, 1er juillet 2026 (ACP). – La valorisation du passeport congolais par le symbole de léopard comme marque de la préservation de l’identité nationale en République démocratique du Congo a été expliquée mercredi à Kinshasa par un chef traditionnel, lors d’un échange avec l’ACP.

« Partout où l’on met le symbole du léopard, cela signifie l’unité et c’est une marque qui représente la préservation de l’identité nationale », a déclaré Evariste Mpunguandaye,  président du Haut Conseil des autorités coutumières du Congo.

Selon lui, le léopard constitue un symbole du patrimoine national et de la cohésion entre les communautés congolaises.

« Le léopard symbolise notre patrimoine. Cela signifie qu’il n’y a pas de distinction entre les tribus. Le Chef de l’État est le garant de la nation et notre mère, c’est la coutume », a-t-il affirmé.

Il a rappelé que les anciens dirigeants, Patrice Lumumba et Mobutu Sese Seko, avaient porté le chapeau en peau de léopard comme symbole d’unité nationale, estimant que cet héritage mérite d’être davantage valorisé.

« Nous devons accorder plus d’attention à ce qui fonde notre appartenance, à savoir notre identité, qui est la coutume. Malheureusement, cette coutume n’est pas suffisamment valorisée dans notre pays », a-t-il déploré.

Sa Majesté Mpunguandaye a également plaidé pour une reconnaissance accrue des autorités coutumières, estimant que la coutume constitue une institution à part entière et non une simple association.

« Dans d’autres pays africains, de nombreuses questions passent par les chefs coutumiers. La coutume est une structure institutionnelle », a-t-il souligné.

Abordant la question de l’identification des citoyens, il a soutenu que les documents d’identité mettent en évidence les éléments liés à l’origine de la personne, notamment son nom, sa famille, son village et son groupement, plutôt que son appartenance religieuse.

Il a, par ailleurs, regretté que le système d’identification dans les villages, autrefois utilisé pour enregistrer les populations et faciliter leur identification, ne soit plus appliquée comme par le passé.

Pour lui, la coutume demeure le fondement de l’identité d’un individu.

« La coutume signifie la vérité. Lorsqu’on vous demande votre identité, vous ne pouvez ni mentir ni renier votre origine. Nous, autorités coutumières, avons le devoir de dire la vérité », a-t-il indiqué.

Évoquant le passeport, il a rappelé qu’il s’agit d’un document officiel attestant l’identité et la nationalité de son titulaire pour lui permettre de voyager à l’étranger, tout en précisant que ce document ne confère pas la propriété d’une terre ni ne remplace les liens coutumiers d’origine.

Outre, il a attiré l’attention sur le fait que certaines personnes omettent de mentionner leur tribu lors des opérations d’identification, une situation qu’il juge préoccupante au regard de l’importance de la coutume dans la société congolaise.

À cette occasion, le président du Haut Conseil des autorités coutumières du Congo a appelé les responsables politiques à restaurer la valeur des institutions traditionnelles.

« Nous demandons à toute la classe politique de redonner à la coutume sa valeur et d’accorder aux chefs coutumiers leur véritable institution afin qu’ils puissent s’organiser eux-mêmes », a-t-il plaidé.

À l’occasion du 66ème anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, M. Mpunguandaye a fait savoir que les autorités coutumières attendent encore leur pleine reconnaissance.

« Nous, les coutumiers, n’avons pas encore obtenu notre indépendance coutumière. Notre priorité demeure le retour de la paix dans nos villages », a-t-il conclu.

Originaire du groupement Bakua Kandu, dans la province du Kasaï, territoire de Tshikapa, Sa Majesté Evariste Mpunguandaye Kayembe préside le Haut Conseil des autorités coutumières du Congo. ACP/L./LZN

Fil d'actualités

Sur le même sujet