Kinshasa, 4 août 2026 (ACP).- Le slam a été considéré comme une arme de lutte pour des causes nobles et un moyen de partage d’émotions à travers l’expression artistique, a expliqué mardi un slameur congolais de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’un entretien accordé à l’ACP.
« Le slam est pour moi considéré à la fois comme une arme lorsque je m’en sers pour lutter pour des causes nobles et dénoncer les injustices. Il est un partage lorsque je veux transmettre une émotion et faire ressentir au public ce que j’ai ressenti pendant une période donnée », a déclaré l’artiste Isaac Mbuta.
Selon cet artiste peintre et slameur, cette discipline artistique peine encore à s’imposer en République démocratique du Congo malgré son potentiel, contrairement à d’autres formes d’art davantage visibles auprès du public.
« Le slam ne s’est pas encore imposé en RDC, il n’est pas encore très connu malgré son fort potentiel. Pendant que les autres formes d’art crient et bougent dans tous les sens, le slam garde son calme », a-t-il relevé, estimant qu’un nouvel élan pourrait bientôt favoriser son développement.
Isaac Mbuta a indiqué que plusieurs slameurs congolais commencent généralement par aborder les thèmes liés aux conflits et aux injustices en raison de la situation du pays. Pour sa part, il puise désormais son inspiration dans les relations humaines, les sentiments et les émotions.
« J’essaie de mettre les mots suffisamment justes sur chaque ressenti pour essayer de guérir, parce que les gens ont trop de secrets dans le cœur et souvent c’est parce qu’ils sont incompris », a-t-il expliqué.
L’artiste a cité son œuvre intitulée ‘‘Imposture’’, dans laquelle il évoque les comportements humains et la difficulté pour certaines personnes d’assumer leur véritable identité dans une société où la sincérité peut parfois être jugée.
Abordant la question de la musicalité dans le slam, Isaac Mbuta a souligné l’importance des rimes, des intonations et de la respiration dans l’interprétation.
« Je ne parle pas trop vite ni trop lentement. Les intonations comptent également dans la manière de transmettre le message », a-t-il fait savoir.
Pour lui, la scène constitue un espace essentiel d’échange avec le public, dont l’appréciation permet à l’artiste de mesurer la portée de son œuvre.
« Lire un poème seul chez soi, c’est bien parce que personne ne te juge, mais le public permet d’avoir un retour, un feedback. C’est l’appréciation du public qui détermine la qualité du slam », a-t-il conclu.
Isaac Mbuta est un artiste peintre et slameur congolais qui poursuit ses études à l’Académie des beaux-arts de Kinshasa. À travers le slam, il cherche à traduire les ressentis et les émotions des personnes qui peinent souvent à les exprimer. ACP/N/BA

