Les « Ba Yanzi « : une leçon de combat pour préserver les racines et la culture congolaise

Kinshasa, 12 août 2025 (ACP).- Le véritable combat pour le « Ba Yanzi » (tribus de la République démocratique du Congo), a été celui de la défense des racines, de la préservation de la langue et de la fierté d’être ce qu’ils sont, a expliqué mardi à l’ACP Laurent Mulenda, un historien congolais spécialiste des cultures du Kwilu.

«Fidèles à leur sagesse ancestrale, ils ont transmis un héritage précieux à travers les générations. Et leur véritable combat était la défense de leurs racines et langues. Maîtres du verbe, gardiens des proverbes, les Yanzi ont toujours cru que la parole est une arme plus forte que la lance, et que l’union du clan vaut plus qu’une armée de cent guerriers. Leur culture est tissée d’oralité, de chants, de danses et de rites sacrés où chaque mot prononcé honore les ancêtres», a fait savoir … historien congolais et spécialiste des cultures du Kwilu.

Ancrés dans les terres fertiles baignées par le fleuve Kwilu, les « Ba Yanzi » ont su vivre en harmonie avec la nature, mais aussi défendre leurs valeurs.

«Ils vivaient au rythme du fleuve, du tam-tam et des saisons, dans une harmonie avec la nature. Mais lorsqu’il fallait se battre, les Yanzi se levaient comme un seul homme, défendant leurs terres et leurs valeurs avec courage», a-t-il laissé entendre.

Et d’ajouter qu’à l’époque coloniale, leur résistance s’est aussi exprimée par l’intelligence.

«Certains ont accepté l’école pour mieux comprendre l’ennemi, d’autres ont gardé vivante la tradition face à l’oppression. Leur combat n’était pas seulement avec des armes, mais aussi avec la mémoire, la foi et la dignité».

Aujourd’hui encore, poursuit-il, dans les villages de Bagata ou sur les marchés de Kikwit, les anciens transmettent les contes et proverbes traditionnels, dont l’un d’eux rappelle: « Nsangu i lutumba, tshitoko i bungi » ( en français, le message est une guerre, la vérité est un bouclier).

«Ce témoignage des « Ba Yanzi » rappelle à tous les Congolais qu’au-delà des armes physiques, c’est la mémoire, la culture et la parole qui ont forgé la véritable résistance et le développement durable de leurs communautés», a-t-il conclu.

ACP/ODM

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