Les jeunes artistes appelés à protéger leurs créations dès le début de carrière

Kinshasa, 18 septembre 2026 (ACP). –  La nécessité pour les jeunes artistes de la  République démocratique du Congo (RDC)   de documenter leurs contributions et de conserver les preuves liées à leurs créations a été mise en avant comme moyen pour mieux protéger leurs droits après leur départ d’un orchestre, a indiqué vendredi  un chanteur congolais, lors d’un entretien avec  l’ACP.

« Un artiste doit conserver les contrats, les crédits, les enregistrements et toute autre preuve permettant d’établir sa contribution à une œuvre. Ces documents peuvent s’avérer essentiels lorsqu’il doit faire reconnaître ses droits plusieurs années après », a déclaré le chanteur congolais Valentino Makanzu.

« Le compositeur, l’arrangeur et l’interprète n’ont pas nécessairement le même statut dans une œuvre. Il est donc important que la contribution de chacun soit clairement identifiée et déclarée dès la production. Lorsqu’un musicien quitte un orchestre, son départ ne doit pas signifier la disparition des traces de sa contribution aux œuvres auxquelles il a participé. La conservation des documents permet notamment de faciliter les démarches auprès des organismes chargés de la gestion des droits », a-t-il ajouté.

Il a, à cet effet, évoqué le cas de Flamme Kapaya, ancien membre de Wenge Musica Maison Mère, qui, selon lui, illustre les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les artistes dans la reconnaissance de leurs droits sur les œuvres auxquelles ils ont contribué.

« Flamme Kapaya doit documenter précisément ses revendications, en identifiant les œuvres concernées, sa contribution à chacune d’elles ainsi que les documents permettant d’établir ses droits. Cette démarche lui permettrait de donner une base plus solide à ses réclamations et de favoriser un règlement fondé sur des éléments vérifiables », a-t-il  indiqué.

Poursuivant, il a précisé que : «  Il serait également important que Flamme Kapaya soit assisté par un avocat spécialisé en droit d’auteur et droits voisins, afin d’examiner les documents en sa possession, de préciser la nature de ses revendications et de l’accompagner dans les démarches appropriées auprès des parties concernées ».

Selon lui, la question mérite d’être examinée sous l’angle de la gestion et de la traçabilité des œuvres musicales. La vérification de leur déclaration et des éventuels revenus issus de leur exploitation permettrait ainsi de mieux établir la réalité des droits revendiqués.

« Il faudrait également savoir si les œuvres pour lesquelles il revendique des droits ont été régulièrement déclarées et si des revenus ont effectivement été générés » a-t-il conclu.

De son vrai nom Makanzu Valentino, connu sous le nom de scène Mak Valentino, est un artiste musicien congolais, auteur-compositeur, chanteur et interprète. Né et grandi à Kolwezi, dans l’actuelle province du Lualaba, il est issu d’une famille d’origine kongo.

Son parcours musical est notamment marqué par une collaboration, en 2013, avec des artistes issus du groupe Cultura Pays Vie, sous la direction du chanteur Félix Wazekwa, avec lesquels il a participé au titre « 3alaise ».

Artiste attaché à l’expression musicale et aux réalités de son pays, Mak Valentino s’est également intéressé à la question de la protection des droits des créateurs. Il a notamment dénoncé les effets de la diffusion non autorisée des œuvres musicales, tout en soulignant que le karaoké peut contribuer à la promotion des artistes lorsqu’il est pratiqué dans le respect de leurs droits.

ACP/ K / MN

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