Les métis noirs de la colonisation considérés comme une mémoire de l’histoire

Kinshasa, 29 avril 2026(ACP).-Les enfants de métis noire de la colonisation considérés comme une mémoire intime de  l’histoire, par une chercheuse en histoire contemporaine, ont fait l’objet d’un débat  lors d’un forum suivi par  l’ACP mercredi depuis Kinshasa, en République démocratique du Congo.

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« Dans l’histoire coloniale africaine, certaines trajectoires humaines ont été reléguées aux marges, comme si elles dérangeaient la mémoire officielle. Les enfants métis nés de l’union entre Européens et femmes africaines en font partie. Leur existence, pourtant bien réelle, a longtemps été entourée de silence », a déclaré Natou Pedro Sakombi.

La chercheuse a fait savoir que ces enfants venaient au monde dans un contexte profondément déséquilibré, où les relations entre colons et femmes locales étaient marquées par des rapports de domination.

Lorsque les pères européens repartaient, ils laissaient derrière eux des enfants sans reconnaissance, condamnés à grandir sans figure paternelle.

« Dans certaines colonies, notamment dans l’ancien Congo belge, des structures spécifiques furent mises en place pour accueillir ces enfants.

Officiellement destinées à leur éducation, elles répondaient aussi à une volonté de les soustraire au regard de la société. On les plaçait dans des institutions, souvent religieuses, où ils grandissaient loin de leur famille, coupés de leur langue, de leur culture et de leurs repères affectifs », a démontré Mme Sakombi.

Elle a précisé que l’existence des enfants des métis révélait une contradiction coloniale dans le sens où leur identité  devenait une question ouverte et ce déracinement  engendrait une douleur profonde dont ils étaient reconnus ni dans la communauté africaine ni celle de l’Europe.

Ces enfants étaient associés à la honte et au secret face au poids du regard social. Malgré les blessures, beaucoup ont su se reconstruire.

« Leurs parcours témoignent d’une grande résilience car ils ne sont pas seulement une réalité historique mais aussi une mémoire intime », a-t-elle conclu.  

ACP / UKB

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