Les mutations sociales exprimées dans les fresques exposées dans un musée à Brazzaville

Kinshasa, 14 juillet 2025 (ACP).- Les mutations sociales et politiques que la rumba a accompagnées dans son parcours, sont exprimées à travers les fresques exposées au musée du Bassin du Congo, à Brazzaville, en République du Congo, a appris l’ACP lundi d’un peintre contacté depuis Kinshasa capitale de la République démocratique du Congo.

« Ata Ndele d’Adou Elenga, « Indépendance cha cha » de l’African Jazz de Kallé Djeff, « Congo na biso » des Bantous de la capitale, « Nakomituna » de Verkys Kiamwangana ou  » Le bucheron » de Franklin Boukaka. Des titres évoquant ce vent de liberté qui a soufflé sur l’Afrique à l’aube des indépendances, la montée des élites culturelles africaines, les migrations musicales, l’émergence de mouvements urbains et la place des femmes dans la danse comme dans les orchestres constituent l’expression  des tableaux exposés au musée du  Bassin du Congo », a indiqué le peintre Bonide Miekoutima.

À travers une série de représentations vibrantes dédiées à la célébration de la rumba congolaise, l’artiste a immortalisé les figures emblématiques de ce genre musical des deux Congo, classé au patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2021.

L’exposition a proposé un véritable voyage dans le temps, retraçant l’évolution de la rumba des deux rives du Congo depuis ses origines afro-cubaines jusqu’à son apogée contemporaine.

Chaque œuvre a évoqué un pan de cette histoire, les premières sonorités importées des Caraïbes, l’émergence des grands orchestres comme les Bantous de la capitale, l’African Jazz ou l’OK Jazz, les bals populaires des années 1960 avec le bar Chez Faignond, les figures légendaires Paul Kamba, Antoine Moundanda, Edo Ganga, Wendo, Pépé Kallé, Franco, Jacques Loubelo, Pamelo Mounka, Papa Wemba, Koffi Olomide jusqu’aux artistes actuels qui continuent de perpétuer la tradition tels que Roga Roga, Fally Ipupa, Quentin Mouyasko, Djoson le philosophe qui a été pour la circonstance le commissaire de l’exposition.

Bonide Miekoutima, connu pour sa capacité à mêler couleurs chaudes, silhouettes dansantes et textures, a confié avoir travaillé sur ce projet afin de rappeler la grandeur de cette musique qui, au fil des générations, est un symbole de résistance, d’amour et de communion. « Bien que proclamé patrimoine immatériel de l’humanité, j’ai voulu par cette exposition donner à cette peinture artistique quelque chose de tangible. Les gens devraient reconnaître les pionniers, ceux qui ont précédé, ceux qui ont marqué l’histoire de la rumba congolaise », explique-t-il. L’exposition s’est voulue à la fois artistique et pédagogique, chaque tableau étant accompagné d’un petit texte explicatif retraçant la période ou l’événement évoqué.

Parmi les invités au vernissage de cette exposition figurait la ministre de l’Industrie culturelle et artistique, Lydie Pongault, qui a salué l’œuvre de cet artiste en disant : « à travers ses pinceaux, Bonide ne peint pas seulement les images. Il restitue les émotions, des mémoires, des rythmes. Sa série consacrée à la rumba congolaise est un véritable champ visuel. Elle capte les mouvements, les regards, les silences et les fièvres d’un art musical qui est pour les Congolais bien plus qu’un divertissement, une identité. Grâce à cette exposition, nous revisitons l’âme d’un peuple, nous rendons hommage aux pionniers dont les accords et les mots ont fait danser l’Afrique et le monde ».

Autre moment fort, la présence remarquée de plusieurs figures de la scène musicale congolaise, venues soutenir l’artiste. Certains se sont même livrés à des improvisations musicales, rendant l’atmosphère encore plus conviviale. Dans un dialogue spontané entre l’art visuel et la musique vivante, le public a assisté à une célébration de la rumba dans toute sa richesse.

L’exposition se poursuit jusqu’au 21 août au musée du Bassin du Congo. Les tableaux sont proposés, une manière pour l’artiste de faire vivre cette mémoire dans les foyers, les restaurants, boutiques… Pour ceux qui s’intéressent à l’art, à la musique ou à l’histoire congolaise, cette exposition offre une plongée émotive et documentée dans un aspect fondamental du patrimoine culturel des deux Congo et d’ailleurs. ACP/C.L.

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