Linguistique : l’inventivité des générations congolaises contribue à l’évolution du lingala (Un analyste)

Kinshasa, 25 juillet 2026 (ACP).- L’évolution du lingala, langue parlée en République démocratique du Congo, a été présentée samedi à Kinshasa comme le fruit d’une créativité linguistique développée au fil des générations par les Congolais, à travers des emprunts et des expressions nouvelles, a indiqué un analyste culturel, lors d’une réflexion consacrée à cette langue.

« Les jeunes des quartiers populaires et les étudiants des universités ont contribué à enrichir le lingala, ce patrimoine linguistique », a déclaré l’analyste culturel Charles Hadassa Mabanza.

Selon lui, chaque génération a laissé son empreinte dans la transformation du lingala, en créant des mots et expressions reflétant les réalités sociales, l’humour et l’imagination collective des Congolais.

Il a relevé que des groupes urbains désignés, selon les époques, sous les appellations de « Yankees », « Bills »,  » bandes à S »,  » faiseurs » ou encore  » Shegue », ont participé à la formation d’un langage imagé devenu un marqueur culturel de la société congolaise.

Cette créativité linguistique s’est également manifestée dans les milieux universitaires, où les étudiants développaient un vocabulaire propre, constitué d’expressions codées comprises uniquement par les initiés.

À ce sujet, Charles Hadassa Mabanza a évoqué une anecdote remontant à l’Institut supérieur de commerce (ISC), où un étudiant, Belly Longenja, avait formulé une observation devenue célèbre parmi ses condisciples.

« Le bouc ne broute l’herbe qu’autour de l’arbre auquel il est attaché », avait-il déclaré avant de qualifier avec humour cette réflexion de « théorie de la Broutologie« , une appellation inspirée, selon lui, des grandes théories scientifiques.

Cette expression traduisait l’idée selon laquelle les relations sentimentales et les unions se formaient souvent entre étudiants d’un même établissement, chacun évoluant naturellement dans son environnement immédiat.

L’analyste culturel A souligné que cette théorie, née dans un contexte de convivialité estudiantine, s’est illustrée jusque dans la vie personnelle de son initiateur, Belly Longenja, qui épousa par la suite une ancienne étudiante de l’ISC.

À travers cette anecdote, Charles Hadassa Mabanza met en lumière la capacité des Congolais à transformer des faits du quotidien en expressions populaires, contribuant ainsi à l’enrichissement du lingala et à la transmission d’un patrimoine culturel vivant.

ACP/Botuli (SP)/BA

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