Kinshasa, 1er mars 2026 (ACP).- Les deux ans d’existence du livre « Maudit soit-il » célébrés samedi à l’Université Pédagogique Nationale (UPN), à Kinshasa lors d’un brunch littéraire ont marqué par des échanges approfondis sur les enjeux et défis du secteur de l’édition en République démocratique du Congo (RDC)
« Le secteur de l’édition est abandonné à lui-même. Il n’y a pas de soutien ni de politique précise pour la culture, particulièrement pour la littérature », a déclaré Dieu Merci Nduki, chroniqueur littéraire.
Selon lui, les principales difficultés rencontrées par les maisons d’édition congolaises sont d’ordre financier.
«Elles ne sont pas assez financées et ne disposent pas elles-mêmes de moyens suffisants », a-t-il expliqué.
Dieumerci a également évoqué le manque de personnel qualifié, notamment des correcteurs, graphistes et autres professionnels formés aux métiers du livre.
« Il y a plus de coopérants que de personnes véritablement passionnées de littérature », a-t-il dit.
Pour lui, le plus grand défi de l’édition congolaise demeure la quête du professionnalisme.
« Une maison d’édition doit se parfaire et faire correctement son travail afin de promouvoir efficacement les livres, la littérature et surtout les écrivains congolais », a-t-il souligné.
Par ailleurs, Nduki a salué le livre « Maudit soit-il », qu’il a qualifié de » chef-d’œuvre de la littérature congolaise », une œuvre écrite avec dextérité et passion. Il a invité les lecteurs et non-lecteurs à se procurer et à lire cet ouvrage.
Abordant la question de l’investissement dans le secteur du livre, une politique publique forte est indispensable.
« Tant que la politique ne s’occupe pas de nous, nous devons encourager ceux qui montrent la volonté de travailler et inviter les investisseurs à s’y engager. La littérature est un monde qui peut rapporter si l’on investit sérieusement », a-t-il fait savoir.
Le temps d’écriture : entre dimension intérieure et discipline
Prenant la parole sur le thème ‘‘temps nécessaire pour écrire un livre’’, Bernardine Sikwaya a indiqué que l’écriture ne se limite pas à une question d’horloge.
« Le temps pour écrire un livre ne concerne pas seulement l’horloge. Il s’agit de la décision de l’auteur de transformer ses idées en acte », a-t-elle déclaré, invitant les aspirants écrivains à ne pas remettre indéfiniment leurs projets à plus tard.
Selon elle, la durée de rédaction n’est pas nécessairement un gage de qualité. « Un auteur peut écrire un livre en trois ou six mois et produire une œuvre qui construit la société. Un autre peut prendre dix ans sans que cela soit pertinent aux yeux des lecteurs », a-t-elle fait savoir.
Sikwaya a ajouté que le temps d’écriture peut dépendre du genre littéraire, des sujets abordés et surtout des besoins des lecteurs.
« L’utilité d’un livre dépend de sa capacité à répondre aux attentes du public », a-t-elle expliqué, soulignant que certains thèmes trouvent un écho particulier selon l’expérience vécue par le lecteur.
Toutefois, Bernardine a distingué deux dimensions du temps : « la dimension intérieure « , où naissent les idées, et » la dimension extérieure « , marquée par la planification et la discipline.
« Il faut passer de l’idée à l’acte et se fixer un programme d’écriture. Écrire un livre est à la fois un voyage, parce que le processus est long et exige réflexion et démarches éditoriales, et une course, parce qu’il faut avancer et poser des actions concrètes », a-t-elle conclu.
La célébration a réuni étudiants, écrivains et amoureux du livre autour d’échanges visant à promouvoir la lecture et à encourager l’essor de l’industrie éditoriale en RDC.
Cette célébration a réuni étudiants, écrivains et amoureux du livre autour d’échanges visant à promouvoir la lecture et à encourager l’essor de l’industrie littéraire en RDC. ACP/C.L

