» Profondeur ‘’
Kinshasa, 14 avril 2026 (ACP)
L’œuvre intitulée » Profondeur « , du plasticien Serge Bindiku de la République démocratique du Congo,a été perçue comme une méditation sur l’amour envisagé comme tension entre l’intime et le social, à travers une composition structurée autour d’une femme, d’un homme incarcéré et d’un enfant selon un critique d art.
«Dans Profondeur, Serge Bindiku met en scène une dramaturgie silencieuse où l’amour se déploie dans ses contradictions les plus poignantes. La composition articule trois pôles : la femme centrale, figure de stabilité et de dignité ; l’homme derrière les barreaux, incarnation de l’absence et du manque ; et l’enfant, symbole d’innocence et de continuité », a déclaré John Bongenya,
Critique d’art
«Ce triangle émotionnel construit une tension visuelle où chaque geste devient signifiant.
D’un point de vue plastique, la touche est expressive sans être violente. Les tons bleutés dominent, installant une atmosphère de mélancolie tempérée par des accents chauds sur les peaux, comme pour rappeler que la vie persiste malgré l’enfermement.» a-t-il ajouté
Dans une lecture philosophique approfondie de l’œuvre, il a souligné la complexité du sentiment amoureux tel que représenté par l’artiste, en mettant en évidence ses ambiguïtés et ses tensions internes,
«Philosophiquement, l’œuvre interroge la nature de l’amour : est-il présence ou persistance malgré l’absence ? Le geste ambigu de l’homme, à la fois tendre et dérangeant, suggère un amour déformé par les conditions sociales. L’amour ici n’est pas idéalisé ; il est charnel, conflictuel, parfois même troublant. Il devient une force qui résiste à l’effondrement moral.» a expliqué M.Bongenya.
Et de poursuivre : «Sur le plan sociologique, Bindiku capte une réalité urbaine congolaise : celle des familles fragmentées par l’incarcération, la précarité et les responsabilités genrées. La femme porte le monde elle nourrit, protège, endure. L’enfant, absorbé par une douceur sucrée, semble momentanément échapper à la dureté du réel.»
En conclusion de son analyse, il a mis en exergue la portée symbolique et sociale de l’œuvre
«Ainsi, Profondeur n’est pas seulement une scène ; c’est une méditation sur la résilience humaine, où l’amour, loin d’être pur, devient une lutte quotidienne contre l’effritement du lien social». ACP/C.L.

