Kinshasa, 3 février 2026 (ACP).- La mise en place de mesures juridiques et sécuritaires a été exigée mardi par le responsable d’un centre d’études, afin de sauvegarder le tissu kuba, patrimoine culturel originaire du Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo, lors d’un entretien avec l’ACP.
«Il est urgent de prendre des mesures sécuritaires et juridiques pour protéger et préserver le tissu kuba, tant au niveau national qu’international. Sa sauvegarde doit être une priorité, car il incarne notre identité et notre héritage», a déclaré Étienne Pembe, président du Centre d’études et de préservation du patrimoine congolais (CEPPC).
«Ce trésor est menacé: il traverse nos frontières sans protection, est vendu à l’étranger sans que les artisans, les communautés propriétaires, ni même l’État congolais n’en bénéficient. Cette exploitation abusive prive notre pays de richesses culturelles et économiques», a-t-il expliqué.
Pour M. Pembe, ce tissu reste un marqueur d’identité nationale incontournable.
«Sur le plan national, il demeure un marqueur identitaire utilisé dans les cérémonies, les mariages et les rites traditionnels. Sur le plan international, il est exposé dans les grands musées et inspire la mode, le design et l’art contemporain, devenant un ambassadeur de la culture congolaise», a-t-il fait remarquer, avant de préciser que ce produit est bien plus qu’un simple textile.
«C’est un patrimoine vivant, porteur de mémoire, de symboles et de dignité. Ses motifs géométriques, tissés en raphia, racontent l’histoire, la royauté, la solidarité et la créativité du peuple congolais», a laissé entendre le conservateur du patrimoine.
«Enfin, j’appelle la jeunesse congolaise à s’approprier ce patrimoine: à le porter fièrement, à l’intégrer dans ses créations modernes et à devenir les ambassadeurs du kuba. Car protéger le kuba, c’est protéger notre mémoire, notre culture et notre avenir», a conclu Pembe Bopinga.
Les motifs et le tissu kuba, issus de ce peuple du territoire de Mweka (province du Kasaï), ont été reconnus et inscrits sur la liste du patrimoine culturel national, à la suite d’un arrêté du ministère sectoriel du 23 janvier 2026, portant reconnaissance et protection de ces œuvres.
Bien avant cette résolution entérinée lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, Yolande Elebe, ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, avait tenu une séance de travail avec des représentants de la communauté kuba à Kinshasa. Ces échanges avaient porté sur la sauvegarde de la propriété intellectuelle des motifs kuba et sur l’organisation d’un grand rendez-vous de valorisation prévu du 2 au 5 avril 2026 au Musée national de la RDC (MNRDC).
ACP/ODM

