Kinshasa, 1 er février 2026 (ACP)- La problématique de la non-inclusion de la culture africaine dans les milieux ecclésiastiques a été au centre d’une conférence culturelle organisée samedi à l’Église Communauté Protestante, dans la commune de Matete à Kinshasa, en République démocratique du Congo.
« (…) Aujourd’hui est un grand jour qui nous permet de lancer notre projet Inclusion dans nos cultures. Cette journée est une célébration de nos rythmes, de nos histoires et des talents uniques de nos communautés. La culture nous réunit tous et devient un langage unificateur », a déclaré Cerise Mbenzu, initiatrice de la structure « Mbenzu production ».
Intervenant à son tour, David Londola a dénoncé la perception dominante qui assimile le christianisme à une religion occidentale.
« Aujourd’hui, c’est comme si le christianisme signifiait automatiquement religion occidentale, parce que tout ce qui s’y fait est perçu comme une norme ou une gloire. Cette approche marginalise les valeurs culturelles africaines », a-t-il indiqué.
Selon lui, l’évocation de la culture au sein de l’Église est souvent associée à la coutume, puis rapidement à la sorcellerie.
« Le christianisme n’est pas égal à la religion occidentale. Le christianisme peut bien s’inclure dans la culture », a-t-il ajouté, rappelant que le christianisme en Afrique, particulièrement au Congo, s’est développé dans un contexte missionnaire et colonial qui a provoqué une rupture brutale entre la foi chrétienne et les cultures locales.
Abordant la dimension culturelle sous l’angle identitaire et esthétique, Sarah Lunsadisa a souligné la profondeur et la transversalité de la culture africaine.
« La culture africaine est transversale, tellement elle est profonde à lire, à vivre et à toucher », a-t-elle expliqué.
Pour l’experte, porter une coiffure africaine aujourd’hui constitue une affirmation de l’histoire et de l’identité, notamment dans le domaine de la beauté.
« Les coiffures traditionnelles pratiquées par les ancêtres africains étaient porteuses de messages symboliques. Chaque modèle de coiffure que nos mamans utilisaient avait une signification. Par exemple, le modèle de l’étoile était un message qu’elles lançaient à l’époque de la colonisation », a-t-elle fait savoir.
Cette conférence culturelle a ainsi servi de cadre de réflexion sur la nécessité de réconcilier foi chrétienne et cultures africaines, afin de promouvoir une Église enracinée dans les réalités locales et tournée vers la construction de l’avenir à partir de ses racines. ACP/C.L.

