Kinshasa, 8 juin 2026 (ACP).- Un ouvrage présentant « Les États généraux de la langue kikongo« , a été mis sur le marché du livre en République démocratique du Congo (RDC), en prélude de ce rendez-vous attendu du 12 au 15 août dans le Kongo Central, dans le Sud-Ouest du pays, a appris lundi l’ACP, des organisateurs.
« Nous avons écrit un livre sur les États généraux de la langue kikongo qui auront lieu du 12 au 15 août 2026. Ce livre est le document directeur des États généraux. Il s’agit d’un ouvrage technique, un portrait-robot de toute langue en difficulté ou menacée de disparition ; il constitue donc un modèle de référence permettant, par exemple, de traduire le kikongo vers une autre langue ou de réparer cette langue », a fait savoir Robert Lukebano, secrétaire des États généraux de la langue kikongo.
M. Lukebano, également co-auteur dudit livre, a expliqué que, les techniques développées dans ce document directeur peuvent faciliter les retrouvailles des membres de cette communauté pour chercher les voies et moyens de remettre cette langue à sa place au sein de la population.
« On y trouve des groupes thématiques : des thématiques développées en atelier, et de ces ateliers naîtront toutes les recommandations pratiques que chaque responsable devra adopter au niveau des structures étatiques, de la société civile, de la notabilité, des différents leaderships communautaires, des mairies, de l’enseignement et de tous les autres acteurs sociaux qui vivent, travaillent ou militent pour la continuité culturelle », a-t-il précisé. Le kikongo se présentant actuellement comme une langue en rupture, a-t-il dit, il est question de recréer la continuité. « Ce sont ces techniques qui motivent notre démarche. Nous sommes nés avec la langue et nous l’avons parlée en grandissant. Aujourd’hui, nous devons savoir comment aider ceux qui, à la place du kikongo, ont appris le français, l’anglais ou une autre langue nationale, afin qu’ils puissent reprendre et récupérer leur langue maternelle comme patrimoine immatériel identitaire primaire. C’est très important », a-t-il fait remarquer, avant de révéler que les États généraux de la langue kikongo se tiendront dans l’objectif de promouvoir, revitaliser et pérenniser cette langue, « recréant son cycle de transmission de génération en génération en lui dotant une place de choix dans la vie quotidienne de la communauté Kongo de partout ». À l’en croire, dans la continuité de cet événement, il est mis en place l’Institut international du kikongo (IIDK) et les Centres pilotes informels d’apprentissage du kikongo (CPIAK), deux structures qui, avec la complicité des autorités provinciales, vont redynamiser la langue kikongo à travers les entités politico-administratives de la province du Kongo Central.
Concernant cette œuvre d’une centaine de pages publiée en prélude de ce rendez-vous, deux auteurs ont réuni leurs plumes pour mettre à profit des lecteurs ce document directeur. Il s’agit, notamment de : Kembela Kasidimoko, formé en Pédagogie appliquée à l’Institut supérieur pédagogique de Mbanza-Ngungu (RDC).
Il a antérieurement exercé la fonction de professeur de lettres à l’Institut Kubama, collège jésuite à Kisantu (RDC) et auprès d’Instituts français à l’étranger avec une spécialisation au Centre d’approches vivantes des langues et des médias (CAVILAM) à Vichy, en collaboration avec les Universités d’Auvergne (France). Le coauteur dirige l’Institut international du kikongo dont il est le fondateur.
C’est dans ce cadre qu’il travaille en tant que coordonnateur général du projet « Les États généraux de la langue kikongo ». Par ailleurs, Robert Lukebano, secrétaire général des États généraux de la langue kikongo, est issu d’une formation en pédagogie appliquée à l’anglais de l’Institut supérieur pédagogique de Mbanza-Ngungu (RDC), avec des ouvertures vers d’autres spécialités de son parcours, selon les opportunités socioprofessionnelles. Il a cru et pris part à plusieurs projets qui ont pris forme en commençant par l’Unibaz, l’actuelle Université Kongo où il a œuvré pendant 13 ans. ACP/

