Rastafari: une résistance pacifique et une démarche spirituelle de valorisation africaine

Kinshasa, 03 avril 2026 (ACP).- Le mouvement Rastafari a été présenté vendredi à Kinshasa en République démocratique du Congo, comme une résistance pacifique face à l’injustice et une démarche spirituelle visant à valoriser la dignité africaine et à libérer les consciences, au cours d’un forum animé par une chercheuse en histoire contemporaine.

«Apparu dans les années 1930 en Jamaïque, le mouvement Rastafari n’est pas né pour conquérir des territoires. Il est né pour libérer les consciences.

Apparu dans les années 1930 en Jamaïque, inspiré par l’enseignement de Marcus Garvey et le couronnement de Haile Selassie I, le Rastafari est d’abord un cri spirituel contre l’oppression, le racisme et l’humiliation des peuples noirs», a déclaré Sahara Mumbai, chercheuse en histoire contemporaine

«Rastafari ne prêche pas la guerre. Il dénonce “Babylone”, symbole d’un système injuste, colonial, corrompu… mais il ne l’attaque pas par les armes. Il la combat par l’éveil, la foi, la culture et la conscience. Là où Rastafari s’installe, la guerre recule. Là où la conscience s’éveille, l’injustice tremble. Parce que la vraie révolution n’est pas dans le sang. Elle est dans l’esprit», a-t-elle ajouté

Elle a souligné la portée symbolique des pratiques culturelles associées au mouvement Rastafari, mettant en avant leur dimension pacifique et identitaire.

«Les tambours Nyabinghi ne sont pas des tambours de guerre, ce sont des battements de résistance pacifique. Les dreadlocks ne sont pas une rébellion violente, elles sont un symbole d’identité, d’alliance spirituelle et de refus de l’assimilation», a-t-elle souligné tout en précisant que: «La philosophie Rastafari repose sur: La justice et la dignité africaine Le respect de la nature La paix entre les peuples La vérité face à l’oppression L’unité noire et humaine Même dans ses moments de persécution en Jamaïque, le mouvement n’a pas levé d’armée. Il a levé des chants. Il a levé des prières. Il a levé des consciences».

Évoquant la portée internationale du message rastafari, la chercheuse a souligné le rôle déterminant de la musique reggae dans sa diffusion à travers le monde, notamment sous l’impulsion de Bob Marley.

«À travers la musique reggae portée mondialement par Bob Marley, le message est devenu universel : “One Love. One Heart.” Rastafari n’est pas un champ de bataille. C’est un sanctuaire spirituel», a-t-elle conclu.

ACP/ODM

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