Kinshasa 3 juin 2026 (ACP).- Un appel à la valorisation des œuvres ‘‘sacrées’’ considérées comme héritage, patrimoine ancestral et traditionnel du peuple Kongo en République démocratique du Congo (RDC), a été lancé mercredi par un opérateur culturel lors d’un entretien accordé à l’ACP.
« Une œuvre sacrée est réalisée par une personne sacrée et initiée à la connaissance des lois métaphysiques, cosmiques et traditionnelles de la communauté. Chez le peuple ‘‘Ne kongo’’, ces œuvres ont une importance prépondérante d’un patrimoine culturel qui mérite d’être valorisé et préservé absolument par l’Etat. (…)Chaque œuvre renferme et cache une histoire pour le peuple… », a fait savoir katumba Musumba, porte-parole de la communauté ‘‘Kamite international Kongo ».
« La réalisation d’une œuvre sacrée exige par exemple une période d’isolement de 30 jours peut-être. Pendant cette période, l’artiste initié doit observer plusieurs interdits tels que l’abstinence de viande, consommation uniquement de feuilles, maîtrise de la parole pour éviter toute parole blessante, abstinence du lit conjugal, de la cigarette et de l’alcool », a-t-il ajouté.
Selon l’opérateur culturel, la personne doit aussi penser positivement pour ne pas créer de déséquilibre dans la nature. C’est durant cette période que l’on réalise une œuvre spirituelle.
Par ailleurs, il a soutenu que l’art africain est sacré. « Il est l’œuvre des initiés qui respectent les interdits, la pureté et les heures des esprits avant toute création », a-t-il dit.
En outre, poursuit l’opérateur culturel, les objets sacrés ou œuvres d’arts étaient porteurs des messages et représentaient certaines énergies pour le bien être communautaire.
Concernant la question sur les objets sacrés enfermés dans des musées occidentaux, Katumba Musumba a expliqué: « Ces objets ne devraient pas être enfermés dans des musées. A l’époque coloniale, les colons disaient que c’était de la sorcellerie et donnaient l’ordre de brûler ces œuvres sacrées et ces mêmes œuvres sacrées sont transportés en occident»
«Nos œuvres sacrées ne sont pas de la sorcellerie. C’est une représentation physique de la divinité. On ne prie pas les objets sacrés et on ne les adore pas, mais nous savons que Dieu est une énergie qui est dans l’homme, dans les arbres, dans les animaux etc…Nous reconnaissons la partie divine qui est dans les arbres et dans les eaux », a-t-il révélé.
Pour cet opérateur culturel, la valorisation des œuvres sacrées passe par leur restitution, leur protection et leur transmission aux nouvelles générations afin que ce patrimoine ancestral continue de jouer son rôle éducatif et spirituel au sein de la communauté.
Pour illustrer ses pensées, l’opérateur culturel a donné exemples des œuvres ancestrales chez le peuple Kongo notamment dans la tribu Yombe (Kongo central) où le masque Nkisi qui spécifie la connexion au monde invisible, aux ancêtres et à la nature.
« Chez les Tshokwe, le masque Mwanaphowoqui représente l’idéal féminin c’est à dire la pureté, la sagesse, la beauté intérieure, la bonté, la paix intérieure ainsi que son rôle d’enseignante dans la société», a-t-il conclu.
Le peuple Kongo (ou Bakongo) est un grand groupe bantou d’Afrique centrale, fort de plus de 50 millions d’individus. Répartis entre l’Angola, le Gabon, la République du Congo et la République démocratique du Congo (notamment dans la province du Kongo-Central), ils sont les héritiers du prestigieux Royaume du Kongo.
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