Kinshasa, 13 janvier 2026 (ACP).- L’héritage musical du maracassiste Roger Izeidi Monkoy, figure majeure de la rumba congolaise en République démocratique du Congo, lors de la tenue de la table ronde en 1960 en Belgique, a été salué mardi, par un expert en musique congolaise, 25 ans après sa disparition.
« Il y a 25 ans que l’auteur, compositeur, chanteur, excellent joueur de maracas et un des précurseurs de la rumba congolaise, Roger Izeidi nous a quittés. Il a laissé un héritage musical inestimable. L’artiste a participé à l’enregistrement des titres “ Table ronde” et Indépendance Cha cha ” en tant que membre de l’orchestre African Jazz de Joseph Kabasélé dit “Grand Kallé Jeff” », a déclaré Herman Bangi Bayo, vice-président de la commission nationale chargée de la valorisation de la rumba.
S’exprimant à cette occasion, il a rappelé la contribution déterminante de l’artiste à l’histoire musicale et politique du pays.
« Roger Izeidifait partie des artistes considérés comme les pères musicaux de l’indépendance du Congo, aux côtés des autres figures de la musique congolaise moderne comme Docteur Nico, Vicky Longomba, Brazzos, Petit Pierre, Dechaud et autres », a-t-il dit.
Revenant sur le contexte historique de l’époque, Herman Bangi a rappelé que la musique congolaise avait accompagné de manière significative le processus politique ayant conduit à l’accession du pays à la souveraineté nationale.
« Lors de la Table Ronde réunissant le 27 janvier 1960 à Bruxelles (Belgique), les responsables politiques belges et congolais pour fixer la date de l’indépendance du Congo Belge qui sera le 30 juin de la même année, Joseph Kabasélé dit “Grand Kallé Jeff” et L’African Jazz, invités pour célébrer cet évènement historique, jouent le soir même à l’hôtel Plaza de Bruxelles les titres “Table Ronde” et “Indépendance cha cha”, devenu un hymne à la liberté pour les pays africains accédant à l’indépendance (…) », a-t-il expliqué.
Abordant les autres contributions artistiques de Roger Izeidi, décédé le 13 janvier 2001 à Kinshasa à l’âge de 66 ans, le vice-président de la commission a indiqué que le musicien a également laissé un important héritage institutionnel et entrepreneurial dans le secteur culturel.
À cet effet, il a cité notamment la maison d’édition phonographique Les Éditions Vita Flash, le label Tcheza, ainsi que plusieurs autres structures de production musicale, dont les Éditions Roger Izeidi Monkoy, qui ont contribué à la promotion d’artistes et de groupes tels que Ntesa Dalienst, le Festival des Maquisards et les Grands Maquisards.
D’après Herman Bangi, plusieurs chansons d’amour composées par Roger Izeidi, notamment ‘‘Bokeyi bwa Sophie’’, ‘‘Mobembo eleki tata’’ et ‘‘Balanco’’, continuent d’être interprétées jusqu’à ce jour, témoignant de leur portée intemporelle et de leur ancrage durable dans le patrimoine musical congolais.
Genèse de l’artiste Izeidi
Sur le plan biographique, Roger Izeidi Monkoy a fait ses débuts professionnels dans la musique en 1952, en tant que compositeur au sein des Éditions CEFA (Compagnie d’Enregistrement du Folklore Africain), dirigées par le guitariste et jazzman belge Bill Alexander, alors installé à Léopoldville, actuelle ville de Kinshasa.
C’est sous l’impulsion de ce dernier que Roger Izeidi est encouragé à créer un orchestre attitré du label. Il s’associe ainsi au bassiste Roitelet et au chanteur Vicky Longomba pour fonder, en 1953, le groupe ‘‘Les Trois Caballeros’’, formation au sein de laquelle évolueront notamment les guitaristes Henri Bowane et Guy Léon Fylla, ainsi que la chanteuse d’origine camerounaise Marcelle Ebibi. ACP/C.L.

