RDC: hommage à un auteur vivant, reconnaissance et encouragement à la création littéraire

Kinshasa, 23 mars 2026 (ACP).- L’hommage rendu de son vivant à l’écrivain et dramaturge congolais N’anza Tata par le festival « Série 7 » a été considéré comme une reconnaissance du mérite artistique et un appel à promouvoir davantage la littérature en République démocratique du Congo, a déclaré l’auteur mardi au cours d’un entretien.

«Non seulement c’est une reconnaissance du travail que j’ai fait, mais c’est aussi une manière de casser un peu le mythe qui veut que l’on ne rende hommage qu’aux morts», a déclaré l’écrivain N’anza Tata, estimant que ce type d’initiative contribue à valoriser les créateurs de leur vivant.

Selon lui, cette démarche est de nature à encourager les écrivains à persévérer dans leur art.

«Cela leur permettrait de se sentir fiers de leur travail, de savoir qu’il y a des gens qui les suivent, des gens qui sont fiers d’eux», a-t-il ajouté, qualifiant cet hommage de «fierté», «honneur» et «bonheur».

Interrogé sur la portée d’une telle reconnaissance, l’auteur a indiqué qu’elle représente à la fois une consécration et une responsabilité accrue.

«C’est les deux à la fois (…) j’ai l’impression d’avoir été jeté dans la lumière (…) il faudra que je puisse garder la barre un peu plus haut», a-t-il déclaré, évoquant également «une sorte de pression» liée aux attentes suscitées.

Il a, en outre, souligné que cet hommage émane d’une génération d’aînés, ce qui, selon lui, renforce sa portée symbolique et l’incite à redoubler d’efforts pour faire rayonner son œuvre.

Revenant sur son parcours, N’anza Tata a rappelé la diversité de sa production littéraire.

«J’écris des romans, j’écris des nouvelles (…) je me suis aussi lancé dans le théâtre (…) j’en ai écrit une dizaine», a-t-il indiqué, mettant en avant une démarche artistique plurielle.

Abordant sa vision de la littérature, il a soutenu que celle-ci doit être appréhendée comme un champ ouvert et transversal.

«La littérature, selon moi, est transversale (…) l’art n’a pas de frontières», a-t-il déclaré, plaidant pour une exploration libre des genres.

«Quand on est écrivain, on ne doit pas rester dans une sorte de bulle (…) on peut partir d’un genre littéraire pour en traverser d’autres», a-t-il poursuivi, évoquant notamment son passage de la nouvelle au roman, puis au théâtre.

Pour l’auteur, cet hommage vient ainsi confirmer sa philosophie artistique.

«C’est une sorte de confirmation de ma philosophie par rapport à l’art et à la littérature», a-t-il conclu, n’excluant pas d’explorer à l’avenir d’autres formes d’expression, notamment dans les arts contemporains.

N’anza Tata est un écrivain et dramaturge congolais, né à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Il s’est fait connaître par son œuvre littéraire plurielle, mêlant romans, nouvelles et théâtre, avec une écriture qui explore les réalités sociales de la société congolaise contemporaine.

Parmi ses publications, le roman « J’enverrai à Dieu tous les coupables » (février 2025) et la pièce « Analogie du vertige », finaliste du Prix RFI Théâtre 2023, illustrent sa capacité à allier profondeur et originalité. ACP/ODM

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