Kinshasa, 1er juillet 2026 (ACP). – Des hommages officiels dignes de la stature de Pascal Phoba, l’un des auteurs-compositeurs renommés du paysage musical de la République démocratique du Congo, ont été réclamés à titre posthume par un guitariste congolais, estimant que le musicien méritait plus que des souvenirs, dans une vidéo visionnée mercredi à l’ACP.
« Nous avons perdu un grand homme, un génie s’en est allé. Je demande que nous lui rendions des hommages dignes de son nom. Certes, il était parolier dans l’ombre, loin des projecteurs, mais c’est lui qui mettait la scène en feu. Disons-le clairement », a déclaré Diko Elenga, mieux connu sous le pseudonyme de Do Akongo.
Il a ensuite salué la plume de Pascal Phoba, décédé le 5 juin à Kinshasa des suites d’une maladie.
« Ce sont ses compositions qui faisaient du bien aux gens. Il savait placer les mots où il le fallait », a témoigné Do Akongo.
Pour cet ancien guitariste de l’orchestre Quartier Latin International de Koffi Olomidé, Phoba écrivait avec le cœur, loin des querelles de chapelle, et ses textes traversaient les générations sans prendre une ride.
Selon lui, les chansons de l’artiste ont bercé plusieurs générations de Congolais.
« Ses chansons nous ont accompagnés dans les moments difficiles comme dans les peines. Elles nous ont accompagnés dans nos mariages, nos anniversaires et dans divers autres moments de la vie », a-t-il affirmé.
Une discographie discrète mais marquante, qui a donné des mots aux joies comme aux douleurs du peuple, a souligné le musicien, avant de reconnaître qu’il « était un grand parolier ».
Concernant les obsèques, après l’ajournement d’une première organisation en raison de divergences entre la famille biologique du défunt et l’équipe chargée des funérailles, une équipe composée d’acteurs socio-culturels, dont Georges Kinga Diyinda, est à pied d’œuvre, en concertation avec la famille biologique de Pascal Phoba, pour statuer et fixer la date officielle des hommages, a confié une source culturelle à l’ACP.
« Pleurons-le dignement, rendons-lui les derniers hommages qu’il faut », a conclu le compositeur du classique “Sens inverse”, tiré de l’album “Droit de veto”.
L’appel du guitariste vient renforcer la revendication faite par plusieurs opérateurs culturels congolais et de Brazzaville, notamment Eddy Ngombe Mwéné, Layi West Mamona et tant d’autres, alors que la scène culturelle réclame une reconnaissance officielle pour l’un de ses plus fidèles artisans de l’ombre. ACP/ S./LZN

