RDC : la deuxième édition de ‘‘Militariser l’agriculture’’ portée sur les fonts baptismaux

Kinshasa, 10 septembre 2026 (ACP).- La deuxième édition de l’ouvrage intitulé ‘‘Militariser l’agriculture’’ a été portée sur les fonts baptismaux jeudi, lors de la cérémonie d’ouverture de la neuvième édition de la Grande rentrée littéraire, au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).

«La faim en République démocratique du Congo est devenue la première menace contre la sécurité nationale. Il faut donc déclarer la guerre. Lorsqu’une nation dotée d’immenses richesses agricoles laisse des millions de ses citoyens mourir de faim, il ne s’agit plus d’une crise agricole, mais d’une défaite inadmissible de la Nation. «Militariser l’agriculture» ne signifie pas militariser les paysans.», a expliqué Didier Mumengi, auteur de l’ouvrage.

Dans cette perspective, il a expliqué que son ouvrage propose une mobilisation générale autour de la production agricole, fondée sur la discipline, la rigueur dans la planification et la capacité d’organisation.

«Ce livre consiste à mobiliser la République tout entière avec la discipline, la rigueur planificatrice, la puissance d’organisation, la sommation de production agro-pastorale par ordre et la détermination surhumaine que commande l’ampleur sans précédent de l’effort collectif nécessaire pour mettre définitivement fin à la faim.», a-t-il ajouté.

À l’occasion de cette cérémonie, Didier Mumengi a exprimé sa gratitude aux personnalités, institutions, écrivains, universitaires, proches et amis présents au lancement de cette deuxième édition.

«Merci à vous tous, merci à vous toutes d’être là aujourd’hui pour honorer cette pensée. Merci à Monseigneur Shole qui, il y a deux ans ici, a baptisé mon ouvrage sur la paix et m’a dit en rigolant : ‘‘Maintenant que nous savons faire la paix, il faut rapidement produire le pain.’’ Il a été d’une certaine manière l’inspirateur de cet ouvrage. M», a déclaré l’auteur.

Dans son plaidoyer, Didier Mumengi a par ailleurs invité les écrivains, les jeunes auteurs et les universitaires à mettre leurs connaissances au service du pays, estimant que les leviers nécessaires au développement de la RDC résident notamment dans l’intelligence et la créativité de sa population.

Il a ainsi appelé à faire vivre un ‘‘front littéraire’’ autour de son ouvrage, en vue de susciter une réflexion collective sur les enjeux liés à l’agriculture, à la nutrition et à la lutte contre la faim.

La faim présentée comme une épidémie silencieuse

Intervenant lors de la cérémonie, le professeur Jean-Jacques Muyembe a présenté la faim et la malnutrition comme une «épidémie silencieuse», estimant que cette problématique bénéficie de moins d’attention que certaines maladies infectieuses, alors qu’elle constitue une menace importante pour l’avenir de la RDC.

«La faim, c’est une épidémie silencieuse.», a expliqué le professeur Muyembe lors du baptême de l’ouvrage.Poursuivant son propos, il a salué la démarche de Didier Mumengi, qu’il a présenté comme un homme d’État et une figure de ‘‘l’intelligence utile’’, capable de mettre ses connaissances au service de la transformation de la société congolaise.

«Mumengi représente l’intelligence utile. L’intelligence liée à l’action, à la transformation de l’homme congolais, de la femme congolaise. Et c’est un homme d’État, parce qu’il a eu des responsabilités politiques, mais c’est un homme d’État différent d’un homme politique.», a-t-il déclaré.

Abordant la question nutritionnelle, le professeur Muyembe a insisté sur les conséquences de la malnutrition chronique chez les enfants, évoquant le chiffre de 42 % d’enfants congolais concernés et les conséquences irréversibles que celle-ci peut entraîner sur le développement cérébral.

«L’épidémie de la faim est une épidémie silencieuse qui a des conséquences très graves pour l’avenir de notre pays. Les chiffres qu’on vous a dit tout à l’heure, c’est effrayant. Donc 42 % d’enfants congolais souffrent de malnutrition chronique. C’est-à-dire que le cerveau est abîmé. Et ce dégât est irréversible.», a-t-il indiqué.Face à cette situation, le professeur Muyembe a appelé à promouvoir une alimentation équilibrée et une agriculture productive, particulièrement dans le secteur paysan.

«Nous devons apprendre maintenant à manger à notre faim, et surtout avoir un régime équilibré pour que nos enfants grandissent loin de la famine, loin de la misère, loin de la pauvreté.», a-t-il renchéri.

Selon lui, la transmission des connaissances et la sensibilisation des générations futures doivent accompagner les efforts visant à améliorer la productivité agricole et les conditions de vie des populations.

Baptisé par le professeur Jean-Jacques Muyembe, l’ouvrage compte 484 pages réparties en neuf chapitres. Il est préfacé par Didier Gondola et publié aux éditions Elembo.

Formateur, chercheur, consultant et écrivain, Didier Mumengi est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages et lauréat de plusieurs prix littéraires. ACP/NM/BA

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