RDC : la généalogie spirituelle constituée par le totémisme, selon un chercheur

Kinshasa, 26 janvier 2026 (ACP). -Le totémisme, système symbolique  ancestral est  demeuré l’un des fondements majeurs de l’identité culturelle de la République démocratique du Congo, constituant une généalogie spirituelle et une mémoire collective au sein d’un territoire riche de plus de 570 ethnies et tribus, a indiqué lundi à l’ACP un chercheur congolais.

« Le totem demeure l’un des fondements majeurs de l’identité culturelle congolaise, en tant que lien sacré entre l’homme, la nature et la mémoire des ancêtres. Il ne se réduit pas à un simple animal emblématique comparable aux symboles nationaux d’autres pays, mais constitue une véritable généalogie spirituelle et une mémoire collective au sein d’un territoire riche de plus de 570 ethnies et tribus », a déclaré Joseph Kindundu, chercheur congolais.

M. Kindundu a souligné, à travers une réflexion intitulée ‘‘Le souffle des ancêtres : le totem, âme animale du Congo’’, que le répertoire totémique congolais se déploie avec la diversité de la forêt équatoriale.

« Chaque communauté, façonnée par son environnement géographique et son histoire, érige un animal du monde sauvage en protecteur, ancêtre et repère moral. Le crocodile, maître des eaux, incarne la vigilance et la puissance silencieuse; le pangolin, discret et énigmatique, symbolise la sagesse et la maîtrise du temps; le léopard représente l’autorité royale et la souveraineté; le lion évoque la force solaire de la savane, tandis que la vipère est associée à un savoir ancestral aussi redoutable que respecté », a-t-il expliqué.

Parmi ces figures, dit-il, l’okapi, animal endémique de la RDC, occupe une place singulière dans l’imaginaire collectif.

« Mystérieux et pacifique, l’okapi a longtemps été perçu comme un possible totem national, en raison de son unicité géographique et de la symbolique de discrétion et de rareté qu’il véhicule, bien qu’il n’ait jamais été consacré officiellement », a  renseigné le diplomate.

Pour le chercheur, la réflexion a mis également en lumière la récupération politique des symboles totémiques au fil de l’histoire du pays.

« Certains régimes ont instrumentalisé ces figures animales pour renforcer leur légitimité, notamment à travers le léopard, associé à l’autorité de l’État, ou le lion, symbole de conquête et de pouvoir. Cette symbolique persiste encore dans les appellations sportives nationales et les armoiries de la République », a-t-il laissé entendre.

Poursuivant, il a indiqué que, dans le contexte actuel marqué par des conflits armés et des fractures territoriales, le totem devient parfois un marqueur de rupture, certains groupes rejettent les symboles associés à l’État central pour en adopter d’autres, traduisant ainsi une véritable guerre des représentations.

Par ailleurs, malgré ces détournements et tensions, le totémisme ancestral demeure vivant dans les milieux ruraux, où il continue d’organiser les rapports sociaux, spirituels et écologiques. Il impose des interdits, protège les écosystèmes et maintient le lien sacré entre les vivants et les ancêtres.

« Le totem reste ainsi  la signature animale de l’identité congolaise. Au Congo, l’homme ne se comprend jamais isolément, mais toujours en dialogue avec le monde vivant dont il est issu », a conclu Joseph Kindundu. ACP/C.L.

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