Kinshasa, 16 juin 2026 (ACP).- La guitare basse constitue un élément fondamental de la sonorité et de l’identité de la rumba congolaise en République démocratique du Congo, a affirmé un bassiste congolais lors d’un entretien accordé mardi à l’ACP.
« La basse donne du groove dans la musique et, dans la rumba, elle détermine un type de feeling. Surtout lorsqu’elle est en accord avec la section percussion, elle apporte de la rondeur à l’ensemble musical », a déclaré le bassiste Clifton Djidey.
Selon lui, la guitare basse joue un rôle central dans la construction du groove et dans l’équilibre rythmique de la musique congolaise.
L’artiste a expliqué que le rôle du bassiste ne se limite pas à l’accompagnement harmonique, mais consiste également à assurer la cohésion entre les différents instruments de l’orchestre.
Il a précisé qu’un bon bassiste de rumba congolaise doit être capable de s’adapter au rythme de la batterie et des percussions, tout en suivant les lignes mélodiques de la guitare solo et en s’harmonisant avec la guitare d’accompagnement.
« Il faut toujours avoir un bon groove, particulièrement pendant le seben, tout en restant en harmonie avec les autres instruments », a-t-il ajouté.
Évoquant la préparation des prestations scéniques, Clifton Djidey insiste sur l’importance de la synergie entre les musiciens afin de garantir une cohésion musicale optimale.
« La musique est un langage universel qui demande, au-delà du travail personnel, que tous les instrumentistes travaillent en synergie, puisque nous sommes appelés à naviguer sur les mêmes notes », a-t-il affirmé.
Abordant l’évolution de la guitare basse dans la musique congolaise moderne, il a estimé que cet instrument a su s’adapter aux nouvelles tendances musicales sans perdre sa place centrale.
Selon lui, la nouvelle génération de musiciens s’ouvre à divers styles internationaux, tout en maintenant la basse comme un instrument incontournable de la rumba congolaise.
« Aujourd’hui, plusieurs musiciens s’intéressent à des styles étrangers, mais la basse reste un instrument qui s’adapte à chaque époque. Nous avons de très bons bassistes dans la nouvelle génération, tandis que certaines légendes sont toujours actives », a-t-il indiqué.
S’adressant aux jeunes musiciens, il les a encouragé à privilégier la discipline, l’apprentissage et la persévérance dans la maîtrise de leur instrument.
« La musique est un univers très vaste qui exige beaucoup de travail. Les jeunes ne doivent pas minimiser ce qu’ils savent faire, mais plutôt chercher à le faire correctement et avec professionnalisme », a-t-il conclu.
Clifton Djidey Razoul Scram est un bassiste congolais évoluant actuellement au sein de l’orchestre Team Wata du chanteur Héritier Watanabe. Il a débuté sa carrière musicale au sein du ministère chrétien ‘‘The Way International’’, avant d’intégrer plusieurs groupes musicaux, notamment ‘‘Ligne 11’’ de Dieu Lofulo et ‘‘Interpol Musique’’, dont il est cofondateur.
Au cours de sa carrière, il a collaboré à plusieurs productions musicales d’artistes congolais et africains, notamment sur des titres d’Héritier Watanabe et d’autres artistes du continent.
ACP/SA (SP)/BA

