Kinshasa, 31 mai 2026 (ACP).- La lecture permet aux jeunes de construire une identité enracinée dans leur culture et transmet des valeurs de respect, de discipline et d’ouverture, a relevé dimanche un écrivain de la République démocratique du Congo (RDC) lors d’un entretien avec l’ACP.
« La lecture permet aux jeunes de réfléchir par euxmêmes, decomparer les idées, de remettre en question les discoursimposés. Elle transmet des valeurs de respect, de discipline etd’ouverture. Sans lecture, la jeunesse reste vulnérable auxmanipulations et aux illusions. Avec la lecture, elle devientcapable de bâtir une conscience critique et une identitéenracinée dans sa culture », a déclaré Rufus Mata, écrivaincongolais.
Selon lui, certains types d’ouvrages jouent un rôle particulierdans la transformation des mentalités.
« Les genres narratifs éveillent l’imaginaire, favorisentl’identification et ouvrent des horizons, tandis que les genresargumentatifs offrent des repères, contribuent à lareconstruction de la mémoire collective et corrigent la pertedes valeurs », atil expliqué, ajoutant que la littératurecongolaise incarne les réalités, les luttes et les rêves de sonpays.
Lire des auteurs comme Zamenga ou Mudimbe, c’est, d’aprèslui, se reconnaître et se projeter.
M. Mata a toutefois pointé plusieurs obstacles structurels etculturels qui freinent l’accès à la lecture pour les jeunes enRDC, évoquant « le manque de bibliothèques, le prix élevédes livres et une faible diffusion éditoriale », avant de préciserégalement le désintérêt croissant pour la lecture au profit desréseaux sociaux et la perception selon laquelle lire serait uneactivité élitiste.
A son avis, les programmes scolaires sont peu centrés sur lalecture critique et créative.
Appel à la création des bibliothèques locales pour lesjeunes lecteurs
Pour remédier à ces freins et maximiser l’impact positif de lalecture sur la jeunesse congolaise, Rufus Mata a préconisé laformation d’auteurs et de lecteurs pour stimuler l’écriture et lalecture, la création de clubs de lecture et de bibliothèqueslocales, ainsi que l’organisation de forums culturels.
Il a également recommandé « d’assurer la diffusionnumérique des œuvres congolaises sous forme d’ebooksaccessibles et de nouer des collaborations avec les écoles, lesuniversités et les églises afin d’intégrer la lecture aux activitésrégulières ».
L’auteur a illustré ses propos par l’exemple des ateliers «‘‘LIVREDIC’’ qui se sont achevés le 28 avril dernier àKasangulu, au Kongo-Central où des jeunes auteurs ont reçudes formations à l’écriture scientifique, pédagogique etcréative.
« Lors de ces ateliers, les participants ont mis en évidence lalecture comme outil de transmission et de guérison sociale,partagé leurs textes et découvert la force de la littératurecongolaise », s’estil félicité en tant qu’organisateur. ACP/

