RDC : la notion du beau perçue comme exigence morale dans une sculpture Lega

Kinshasa, 16 mars 2026 (ACP)- Une perception de la beauté sous l’angle d’une exigence morale a été décryptée lundi, dans une œuvre sculpturale intitulée « Le Veilleur aux Quatre Horizons » du peuple Lega, communauté originaire de l’est de la République démocratique du Congo, lors d’un forum en ligne suivi par l’ACP.

« Le Veilleur aux Quatre Horizons est la sentinelle du temps. Elle ne nous regarde pas, elle nous traverse. Dans l’épure de ses formes, dans la brutalité de ses attaches et la douceur de ses courbes, elle rappelle que la beauté est une exigence morale. Elle est l’équilibre entre la terre dont elle provient et le ciel qu’elle interroge», a analysé Pierre Ribot, critique d’art.

« (…) Issue des forêts profondes où le fleuve Congo dessine des méandres d’argent, cette figure Lega n’est pas faite de bois et d’ivoire, mais de secrets accumulés», a-t-il ajouté, avant de décortiquer cette sculpture présentée comme une sentinelle du temps et porteur d’un esprit  chez le peuple Lega.

« Le (kaolin) qui blanchit ses traits n’est pas une parure ; c’est la poussière des ancêtres, une trace de lune déposée sur la peau de la nuit. Ses yeux, clos comme des graines de café, ne dorment pas : ils voient l’invisible, le mouvement de l’herbe et le murmure des défunts», a expliqué M. Ribot.

« Les disques d’ivoire sur son torse sont des soleils captifs, des éclats de force brute polis par la sagesse. Sa coiffe de fibres et de coquillages bruisse encore du vent des hauts plateaux, portant le prestige de ceux qui savent que le pouvoir est un fardeau de plumes», a-t-il conclu.

Le peuple Lega, riche en culture, est connu pour ses masques et ses sculptures en bois, qui sont considérés comme des exemples de l’art africain traditionnel.

ACP/C.L.

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