RDC : la valorisation de la trompe « Mpungi » préconisée comme patrimoine culturel matériel

Kinshasa, 11 août 2026 (ACP).- La valorisation de la trompe traditionnelle ‘‘Mpungi’’ comme patrimoine culturel matériel de la République démocratique du Congo (RDC) a été préconisée lundi à Kinshasa, lors d’un entretien avec un ethnomusicologue et facteur d’instruments traditionnels au Musée national de la RDC.

« Nous fabriquons la trompe parce qu’elle fait partie de notre patrimoine culturel matériel que nous devons sauvegarder et pérenniser pour les générations futures », a affirmé André Lokwa, ethnomusicologue, facteur et fabricant d’instruments de musique traditionnelle.

Il a également plaidé pour l’intégration de cet instrument dans la musique moderne, à l’instar de certaines pratiques observées en Afrique de l’Ouest.

Un instrument aux appellations multiples

Selon l’ethnomusicologue, cet instrument porte différentes appellations selon les communautés. Il est appelé ‘‘Mpungi’’ chez les Kongo, ‘‘Lusengu’’ chez les Luba, ‘‘Loseke’’ chez les Tetela et ‘‘Fung’’ chez les Yans et les Mbuun, entre autres.

L’ethnomusicologue congolais, facteur et fabricant d’instruments de musique traditionnelle, André Lokwa.

Il s’agit d’un instrument de musique traditionnel de la famille des aérophones, dont le son est produit par le souffle de l’utilisateur à travers une embouchure.

Concernant sa fabrication, André Lokwa a indiqué que plusieurs matières peuvent être utilisées, notamment le bois, le bambou, la défense d’éléphant, le tuyau en plastique ainsi que les cornes d’animaux, notamment celles de l’antilope ou de la gazelle.

Dans le cas présenté, la fabrication est réalisée à partir d’une corne d’antilope dont l’extrémité pointue est coupée à l’aide d’une scie à métaux afin de créer une ouverture servant de piston. Celui-ci permet de varier le son en étant fermé ou ouvert avec le doigt.

À l’aide d’un couteau, un autre trou est ensuite percé pour servir d’embouchure. Le musicien y souffle de l’air afin de produire le son. L’accordage dépend notamment de la coupe du piston et de l’ouverture de l’embouchure, a expliqué le facteur.

Un instrument au service des traditions orales

Dans les traditions orales, la trompe intervient notamment dans les lamentations, les invocations, les annonces, les intronisations, les hommages et la communication.

Elle est également utilisée dans la musique folklorique et traditionnelle.

L’ethnomusicologue a distingué deux principales fonctions de cet instrument : une fonction utilitaire lorsqu’il accompagne le chant et une fonction fonctionnelle lorsqu’il accompagne les traditions orales, notamment pour lancer des appels ou transmettre des messages.

Un appel à son intégration dans la musique moderne

André Lokwa a recommandé aux musiciens modernes d’intégrer davantage les instruments traditionnels, notamment la trompe, dans leurs productions, à l’exemple de certaines expériences menées en Afrique de l’Ouest.

Il a également appelé l’État congolais à soutenir les fabricants d’instruments de musique, aussi bien traditionnels que modernes, afin de favoriser la sauvegarde et la transmission du patrimoine musical national.

André Lokwa est ethnomusicologue et facteur d’instruments de musique traditionnelle. Il est également chef de la section de musicologie au Musée national de la République démocratique du Congo.

ACP/É L/BA

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