RDC: l’accès aux documents légaux cité parmi les freins au commerce du livre

Kinshasa, 10 octobre 2025 (ACP).– L’accès aux documents légaux a été énuméré vendredi parmi les difficultés qui freinent le commerce du livre en République démocratique du Congo, par une entrepreneure culturelle, à l’occasion de l’exposition entrepreneuriale « Congo connect expo » organisée à Gombe, dans le nord de Kinshasa, a constaté l’ACP lors d’une descente.

«En termes de difficultés, il y a plusieurs choses. D’abord, l’obtention de documents officiels,  un processus coûteux par rapport à ce que nous faisons, et cela complique notre travail. Ensuite, il y a les frais de déplacement et de fret, qui sont très élevés. Il est également très difficile pour nous d’accéder à des subventions», a indiqué Judith Makozo, entrepreneure culturelle dans le domaine du livre et responsable d’une librairie locale.

À l’occasion de cette exposition intitulée « Congo Connect Expo », dédiée à l’innovation et à l’entrepreneuriat, Judith Makozo a souligné l’importance de la lecture dans le développement culturel et économique.

«Ce qui m’a poussée à participer, c’est que, vous savez, une personne qui ne lit pas reste fermée au monde. L’événement organisé aujourd’hui est un événement culturel, et les livres en font partie intégrante. Souvent, quand on parle d’entrepreneuriat, on a tendance à oublier le rôle des livres. Alors, je me suis dit que je devais participer pour partager avec les autres ce que je fais en tant qu’entrepreneure culturelle», a-t-elle fait remarquer.

Selon elle, le secteur du livre connaît actuellement une très grande évolution.

«Il y a des avancées significatives, notamment avec l’actuelle ministre de la Culture, qui est aussi une écrivaine, et c’est encourageant. Ce que nous attendons de nos autorités, c’est qu’elles s’intéressent davantage au secteur du livre lorsqu’on parle de culture. Dans notre contexte social, la culture se résume souvent à la musique et au sport, ce qui est regrettable».

Un appel au soutien accru de l’artisanat local par les autorités

À l’occasion de l’exposition « Congo Connect Expo », Sergine Nseya, entrepreneure congolaise spécialisée dans la maroquinerie artisanale, a pour sa part plaidé pour un appui renforcé de l’État à l’entrepreneuriat local, notamment dans le domaine de l’artisanat, où les défis liés aux matières premières freinent le plein essor des initiatives congolaises.

«Les autorités doivent soutenir l’entrepreneuriat congolais. Nous voyons déjà quelques efforts, mais il y a encore beaucoup à faire».

D’après Mme Sergine Nseya, le marché congolais de l’artisanat est en croissance. «Il y a de plus en plus de Congolais qui s’y intéressent, ce qui n’était pas le cas auparavant. Aujourd’hui, la demande est réelle, et cela nous encourage beaucoup», a-t-elle affirmé.

Responsable d’une entreprise artisanale qui évolue depuis deux ans dans la maroquinerie et la cordonnerie, Sergine Nseya mise sur le textile local pour se démarquer.

«Notre matière phare, c’est le raphia, que nous mélangeons au cuir pour fabriquer des sacs à main, des babouches, des portefeuilles, des trousses (…)», a-t-elle expliqué.

Elle a aussi souligné que le choix du raphia n’est pas seulement esthétique, mais aussi stratégique: «Comme c’est le raphia, c’est cela qui nous distingue face aux produits importés».

Congo Connect Expo 2025, en cours du 9 au 11 octobre, est une initiative conjointe de UK-Cena (la plateforme des ingénieurs congo-britanniques), en collaboration avec Cocipro, (Cercle des professionnels congolais de Grande-Bretagne), cette exposition, qui se déroulera pendant trois jours, vise à créer des passerelles entre la diaspora, les jeunes entrepreneurs locaux et les étudiants.

ACP/ODM

Fil d'actualités

Sur le même sujet