RDC : le guitariste Bavon Marie-Marie continue d’inspirer la génération actuelle après son décès

Kinshasa, 10 août 2026 (ACP).- Le style artistique du guitariste Siongo Bavon dit Marie-Marie de la République démocratique du Congo, a été considéré comme une inspiration générationnelle de musiciens près d’un demi-siècle après sa disparition, par un expert de la rumba congolaise, lors d’un échange lundi avec l’ACP, à l’occasion du 56ème anniversaire de son décès.

« Parmi les plus grands guitaristes que la rumba congolaise a connus, Bavon Marie-Marie en tant que, demeure une figure emblématique de la rumba congolaise en occupant une place à part au regard de son talent », a indiqué Pitchou Dionzo, expert de la rumba congolaise, rappelant que malgré une carrière relativement courte, l’artiste a profondément marqué l’histoire de la musique congolaise.

Né à Kinshasa le 27 mai 1944, a-t-il fait savoir, Bavon Marie-Marie était le jeune frère de Franco Luambo Makiadi. Très tôt attiré par la musique, il choisit la guitare, en dépit du souhait de sa famille de le voir poursuivre de longues études.

Avant de rejoindre l’orchestre Négro Succès en 1964, le jeune guitariste a évolué au sein de plusieurs formations musicales, notamment Les Cousins Bleus, Cubana Jazz, Jamel et Cobantou. C’est au sein de Négro Succès que son talent s’impose véritablement auprès du public kinois.

Selon l’expert, Bavon Marie-Marie y développe un jeu de guitare moderne, rapide et mélodique, caractérisé par une grande maîtrise instrumentale. Tout en assumant l’influence de son frère aîné Franco, il forge progressivement une identité musicale personnelle, en associant la rumba, l’odemba et des sonorités plus dynamiques.

Auteur-compositeur particulièrement prolifique, il a laissé à la postérité plusieurs œuvres devenues des classiques de la musique congolaise, notamment ‘‘Maseke ya Mémé’’, ‘‘Lucie Tozongana’’, ‘‘Libanga na Libumu’’, ‘‘Bolingo ya ngai na ye’’, ‘‘Béa’’, ‘‘Owuta Wapi ?’’ et ‘‘Bongisa Ndako’’.

Pour Pitchou Dionzo, la pérennité de ces œuvres témoigne de la profondeur de l’héritage artistique laissé par le musicien.

« Malgré une carrière de seulement quelques années, il a laissé un héritage qui continue d’inspirer les amoureux de la rumba congolaise », a-t-il indiqué.

Le destin de Bavon Marie-Marie est toutefois brutalement interrompu le 5 août 1970, à Kinshasa, à la suite d’un tragique accident de la circulation. Il n’avait alors que 26 ans.

A en croire Pitchou Dionzo, sa disparition a provoqué une vive émotion dans le monde musical congolais, particulièrement auprès de son frère Franco Luambo Makiadi, qui lui rendra hommage à travers plusieurs de ses œuvres.

Plus de cinq décennies après sa mort, Bavon Marie-Marie reste ainsi associé à l’âge d’or de la rumba congolaise et à une génération de musiciens ayant contribué à faire de la guitare l’un des piliers de l’identité sonore de la musique congolaise.

ACP/K.

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