RDC : le panneau publicitaire associe création artistique et savoir-faire technique

Kinshasa, 24 août 2026 (ACP). – Le panneau publicitaire constitue un ouvrage associant création artistique et savoir-faire technique, mobilisant notamment les compétences des graphistes, ajusteurs-soudeurs et techniciens, a indiqué lundi un responsable d’une agence d’affichage publicitaire, lors d’un échange avec l’ACP en République démocratique du Congo (RDC).

« Le panneau publicitaire n’est pas seulement une image que l’on affiche ; c’est aussi une structure conçue, fabriquée et assemblée par des professionnels dont le savoir-faire contribue à son esthétique, sa solidité et sa durabilité », a expliqué Coco Mutela, responsable de l’agence d’affichage publicitaire ‘‘I Graphic’’.

Selon lui, la réalisation d’un panneau publicitaire mobilise plusieurs compétences, souvent réduites au seul travail du graphiste. Avant l’installation du visuel, la structure métallique doit être conçue de manière à supporter le panneau, résister aux conditions climatiques et garantir sa stabilité ainsi que sa sécurité.

L’ajusteur-soudeur intervient notamment dans la découpe, l’assemblage, l’ajustage et la soudure des différents éléments métalliques. Ce travail exige, a-t-il relevé, de la précision, une maîtrise technique et un savoir-faire manuel, tandis que l’alignement des éléments, les proportions et les finitions participent directement à l’esthétique du support.

Cette approche met en évidence la complémentarité entre la conception graphique et la fabrication technique dans le secteur de l’affichage publicitaire à Kinshasa. L’évolution des formats, de la qualité des impressions et des conceptions graphiques témoigne également, selon Coco Mutela, d’une transformation progressive du secteur.

Le responsable de ‘‘I Graphic’’ a accordé une place importante aux artistes, graphistes, photographes et illustrateurs congolais, estimant que leur connaissance des réalités culturelles, linguistiques et sociales du public local constitue un atout dans la conception des visuels.

« Nous leur accordons une place importante, car la qualité d’un affichage dépend en grande partie de la qualité de sa conception graphique », a-t-il déclaré.

Il a souhaité que les entreprises et agences accordent davantage de possibilités aux créateurs congolais afin de développer des œuvres adaptées au contexte de Kinshasa. Il a également relevé que les références à la culture congolaise sont déjà présentes dans certains affichages à travers les langues, la musique, la mode, les expressions populaires et les personnalités culturelles.

Cette présence pourrait toutefois être davantage développée au regard de la richesse du patrimoine culturel congolais. L’utilisation du lingala, des expressions locales, des symboles, des références historiques et des codes visuels congolais peut, selon lui, contribuer à rapprocher les campagnes du public.

Au-delà de leur dimension esthétique, les panneaux publicitaires peuvent également constituer une mémoire visuelle de Kinshasa. Les campagnes consacrées aux entreprises, aux événements culturels, aux concerts, aux lancements de produits et aux différentes activités de la vie kinoise constituent progressivement des traces de l’activité économique et culturelle de la capitale.

Cette mémoire reste néanmoins fragile, les campagnes étant temporaires. Une affiche peut être remplacée après quelques semaines ou quelques mois. Coco Mutela a ainsi estimé nécessaire de développer des mécanismes d’archivage photographique et numérique des campagnes réalisées.

Pour l’avenir, il souhaite que l’affichage publicitaire poursuive sa professionnalisation tout en participant davantage à l’amélioration du paysage urbain. Il envisage notamment la réservation de certains espaces à des campagnes culturelles, institutionnelles ou artistiques.

« Les panneaux peuvent rester des supports commerciaux tout en intégrant progressivement une dimension culturelle et artistique plus importante », a-t-il soutenu.

Cette évolution nécessite, selon lui, une collaboration entre les autorités compétentes, les régies et agences publicitaires, les annonceurs, les graphistes et les artistes, afin de parvenir à un affichage professionnel, réglementé et esthétiquement qualitatif. ACP/ SA (SP)/BA

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