RDC : l’ouvrage « Mort en Exercice à Makal’art » explore l’univers carcéral

Kinshasa, 02 octobre 2026 (ACP).– L’ouvrage « Mort en Exercice à Makal’art : récit de la prison »  de l’écrivain Niamba Malafi a exploré l’univers carcéral à travers les thèmes de l’injustice, de la dignité et de la résistance, en République démocratique du Congo (RDC),  a expliqué  son auteur  vendredi à l’ACP.

« J’ai écrit ce livre parce qu’il y avait en moi une nécessité de témoigner. Je voulais mettre des mots sur une expérience qui dépasse ma propre personne : celle d’un homme confronté à l’injustice, à l’enfermement et à un système dans lequel la parole peut devenir un risque », a déclaré  Niamba Malafi.

L’auteur a  noté que la prison centrale de Makala s’est imposée comme cadre de son récit en raison des histoires humaines, des souffrances et des résistances qu’elle représente, dans son imaginaire comme dans la réalité congolaise.

« Makala n’est donc pas seulement un décor dans mon récit. C’est presque un personnage à part entière », a-t-il ajouté, précisant avoir voulu regarder ce qui se passe derrière les murs et ce que les hommes continuent à préserver malgré la privation de liberté, notamment leur mémoire, leur foi, leur dignité et leur capacité à espérer.

La prison comme espace de témoignage et de résistance

A travers le personnage de Monsieur Culturel, arrêté après avoir dénoncé une injustice, l’écrivain a voulu interroger les conséquences de la prise de parole face à ce qui est considéré comme une injustice.

 « Monsieur culturel est évidemment une figure qui me ressemble, mais il ne faut pas le réduire à un autoportrait. Il représente surtout une personne qui croit que la culture, la parole et la création peuvent participer à la transformation de la société », a-t-il relevé.

Malafi a indiqué qu’il n’a pas voulu raconter uniquement son histoire, la prison constituant, selon lui, un espace collectif où chaque détenu porte une histoire, une famille, des blessures, des responsabilités, une erreur ou parfois une injustice.

« Chaque récit apporte une autre facette de l’univers carcéral. Certains parlent de douleur, d’autres de foi, de solitude, de violence ou encore d’espoir », a-t-il fait savoir.

L’auteur a également abordé les réalités de l’univers carcéral, notamment la violence, le silence, l’humiliation, la perte de repères et la déshumanisation, ainsi que les injonctions faites aux hommes à dissimuler leur peur et leur vulnérabilité.

Il a estimé que la foi peut devenir, dans l’enfermement, un espace intérieur de résistance, tandis que la dignité demeure une manière de préserver une part de liberté.

Sur le plan civique, l’écrivain a souligné que la littérature ne peut pas remplacer la justice, les institutions ou l’action citoyenne, mais qu’elle peut contribuer à empêcher certaines histoires de disparaître.

 « Écrire, c’est documenter une époque, donner une voix à ceux qui ne sont pas toujours entendus et créer un espace dans lequel une société peut regarder ses propres contradictions », a-t-il soutenu.

Il a souhaité que le lecteur retienne que la dignité ne disparaît pas avec la perte de liberté, estimant que la mémoire, la conscience, la foi et la parole peuvent constituer des formes de résistance.

« On peut enfermer un corps, mais il est beaucoup plus difficile d’enfermer une mémoire, une conscience, une foi ou une parole », a-t-il conclu. ACP/ S A / MN

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